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Exécution


La balle laboura son âme
Son regard transperçant ses bourreaux
Une rivière de sang abreuvant ses paroles
réveillées par la surprise
soudaine révélation
médiocrité humaine.
C’était au mois de mai,
un jour de printemps
Un oiseau se baigna dans la mare
érubescente
l’œil mouillé, il regarda les hommes
ivres
La beauté les avait quittés
Ils n’étaient que des marionnettes
de guerre

Sybille Rembard, 2010

Primevère de printemps


Veillés par une primevère solitaire
nous nous sommes retrouvés à la lisière du monde.
Les pétales nous regardaient surpris
la terre encore blanche de neige
les rayons du soleil embrumés.
L’hiver est parti, tu l’as senti.
Nous avons osé le désir éphémère
ensemble
nous nous sommes laissés éblouir.
La chaleur de tes mains m’a caressée sans me toucher
pétale primitif
Ton regard m’a modelée
neige de printemps
Ton souffle a enluminé mon âme
rayon de certitudes
Tes mots ont su, pour un instant, orner notre futur
Eternellement embrumé.

Sybille Rembard, Beauté Fractionnée, 2002

Amour binaire


Tu es l’autre partition
solitaire et inséparable.
La vie sans toi sera néantisée.
Symbiose qui réjouit
ou véritable angoisse ?
Ta présence enflamme la dichotomie de notre amour,
fusionne nos étincelles.
Crois-tu pouvoir survivre ?
Moi, je sais !
Je marche à la dérive dans un désert en décomposition
avec cette seule pensée
un jour tu ne seras plus.
Et je serai
Dépariée.

Sybille Rembard, 2009

Le désert


Coincé
derrière une barrière de fer
Les jours sont longs
ici
dans ce désert.

Les loups crient chaque nuit
L’odeur des carcasses
me rend fou
Mais je reste

où je devrais.

Aujourd’hui, j’ai dix-huit ans
demain, comme toujours, j’irai chercher…
J’irai sous le ciel bleu profond
gratter la pierre avec mes doigts
jusqu’à ce que le sang coule
partout
dans le sable blanc et magnifique
de ce désert mélancolique.

Jules Delavigne, Conclusions, 2008

A Jamais


A jamais,
le sourire osé,
rayonne devant.
A jamais,
pour atteindre tes yeux
d’eau profonde.

A jamais,
Les douces cordes
flottent devant,
pour atteindre
mes oreilles ouvertes.

A jamais,
L’esprit concentré
sur le corps fait de bois.
Savoir à jamais,
ton âme, écouter.

A jamais,
La pièce se remplit
de mélodies.
A jamais,
le recueillement de signes anciens
à la lueur d’une simple bougie.

Chloe Douglas, 2010

L’homme Imperméable


Il est comme un nuage
qui marche dans le ciel.
Il ne sait pourquoi,
et il ne sait comment.

Il est un nuage
qui cherche de la pluie,
et ne sait pas pleurer ;
il est sans tonnerre, ni éclair.

Il est fait de brumes,
de musiques nostalgiques ;
sans vision, ni espoir,
ses traces sont légères.

Il est comme un nuage
parce qu’il n’ose pas encore.
Il ignore que ses ailes
viennent de l’intérieur.

Chloe Douglas, 2010

La Date


Elle voudrait connaître la date pour enfin arrêter son cœur.

Le supplice qui nous écrase
volatilise son existence
caresse son âme
une plume rigide à la main.

Elle voudrait connaître le jour fait de néants
pour pouvoir construire son aujourd’hui
d’une tendre reconnaissance.

Elle voudrait savourer la vérité
seule, unique, irréfutable
responsable de toutes les douleurs.

Elle voudrait ne pas vouloir
ne pas respirer
se noyer dans son sang chaud
sur un lit de neige froide
en tombant de la falaise de ses désirs.

Sybille Rembard, 2007

Mon Ami


La lune s’enfuit dans la lutte,
entre la nuit et l’aurore.
L’argent de la toile d’araignée
étincelle dans la brume.

Mon ami, mon ami, mon ami,
Je t’appelle mon ami.

La rosée dans la vallée,
Les violettes sur la colline,
Les ruisseaux coulent de la montagne,
dans le matin de ma vie.

Mon ami, mon ami, mon ami,
Je t’appelle mon ami.

Les chevaux sont dans la prairie,
mangeant de l’herbe douce.
Les oiseaux chantent dans la fôret,
Sauf le rossignol endormi.

Mon ami, mon ami, mon ami,
Tu es revenu mon amour.

Chloe Douglas, 1975

Toile d’Hiver


La neige est si belle sur les arbres
lorsque s’empilent petit à petit
tous les flocons qui tombent du ciel

Tout est blanc et couleur d’écorce
et quelques oiseaux qui brillent comme des étoiles
au milieu de ce ciel de jour où le bleu est parti

Un rouge-gorge
Une mésange
Orange
virevoltent autour de la mangeoire

Et le grand pré est si blanc
Blanc
Comme une toile moelleuse
Comme une toile d’Hiver
Où les couleurs de vie
ne partiront jamais

Elodie Santos

L’Etoile


Je revois l’étoile,
et je vois.
Je vois la mer se reposer
dans le reflet de la lune.

Tout le monde peut voir.

Tout le monde peut voir
l’immense joie de la nuit.

Un miroir si calme
d’un visage qui brille,
tranquillement.

Tout le monde peut boire
La boisson si douce et amère.

L’immense joie de la nuit.

Et je vois si clair,
Comme si ce fut… le jour

La nuit étincelle.
Tout le monde enchanté.
Tout ce monde enchanté…

Et je vois si clair,
Comme si ce fut le jour.

Chloe Douglas, 1992

Crémaillère


Mécanique primitive pour esprits bouillonnants
Alter ego
Terminologie d’une nouvelle vie
Les sentiers se croisent, se dessinent dans une croyance unique

Le toit du monde survole mon intellect
Je t’en prie, rassure-moi !

Une coupe de champagne à la main,
je me dirige seule vers les champs de maïs.
Autour de ton règne au dessus des nuages de la ville.
Fête onirique, fête d’esprits solitaires unis autour de l’unique projet
La création

Je m’accroche à toi rouage des rêveries
Pour exister.
Je sais que le néant est prêt à m’absorber,
à inhaler mon souffle.
Résistance outrancière

Je suis heureuse d’avoir été invitée

Dans ce monde.

Sybille Rembard, 2009

Pourquoi ?


Les couleurs ne sont plus triomphantes.
Les musiciens jouent une marche funèbre.
Mes yeux se noient dans l’amertume.
La maigreur de la pensée trahit l’apocalypse.

Je cherche dans ce labyrinthe l’essence primordiale,
elle n’est plus là,
elle n’a jamais été là.

Sur mes épaules des douleurs ancestrales luttent.

Je hurle mon malaise !
Personne ne vient.
Personne ne veut plus m’écouter.

Une vague déferlante sature mon cloître.
La nuit tombe sans un bruit sur ma tombe.

Ivresse apathique
Cadavre éternel.
Je ne sais pas !

Pourquoi ?

Sybille Rembard, 2007