Poetica, des poèmes d’avenir, du présent, du passé...


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Sélection : poèmes à la une

Lourde légèreté

Jules Delavigne
Claude Monet, Neige au soleil couchant, 1869
Claude Monet, Neige au soleil couchant, 1869

Le temps passe
Nos jours se remplissent
De choses légères
Et de tout ce qui est si important

Libre de penser comme on veut
On finit par ne penser que comme on peut

Comme un flocon de neige
Qui tremble dans l’air
La chute est lente
Le vent déroute
Mais le chemin reste
Inexorable

Jules Delavigne, Conclusions, 2008

Sélection : poèmes à la une

Dans l’interminable …

Paul Verlaine

Dans l’interminable
Ennui de la plaine,
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune,
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Comme des nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive ?

Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Paul Verlaine, Romances sans paroles (1874)

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Air vif

Paul Eluard

J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu

L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue

Je ne te quitterai plus.

Paul Eluard, Derniers poèmes d’amour (1962).

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En Hiver

Chloe Douglas

A chaque fois que la neige tombe,
Je crois voir un ange
sur un fil transparent.
La danse de cette délicate créature
est différente chaque fois.

Toute sa blancheur,
pure et brillante,
nous entoure, il semble, pour toujours.

La pure et fine Blanche Neige,
empreintée de soleils et de lunes,
n’a pas pu voir les hommes
emportés par le vent.

Cette fée de l’hiver
n’a pas senti l’odeur de la guerre.
Elle n’a pas eu le moment de réfléchir.
Mais elle sait que son cœur, pur et jeune,
est rempli de rêves et de rimes
qu’elle n’a pas encore exprimés.

Elle commence une nouvelle année
avec un frisson du Nord dans le corps.

Chloe Douglas, 2010

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La blanche neige

Guillaume Apollinaire

Les anges les anges dans le ciel
L’un est vêtu en officier
L’un est vêtu en cuisinier
Et les autres chantent

Bel officier couleur du ciel
Le doux printemps longtemps après Noël
Te médaillera d’un beau soleil
D’un beau soleil

Le cuisinier plume les oies
Ah! tombe neige
Tombe et que n’ai-je
Ma bien-aimée entre mes bras

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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Toile d’Hiver

Elodie Santos

La neige est si belle sur les arbres
lorsque s’empilent petit à petit
tous les flocons qui tombent du ciel

Tout est blanc et couleur d’écorce
et quelques oiseaux qui brillent comme des étoiles
au milieu de ce ciel de jour où le bleu est parti

Un rouge-gorge
Une mésange
Orange
virevoltent autour de la mangeoire

Et le grand pré est si blanc
Blanc
Comme une toile moelleuse
Comme une toile d’Hiver
Où les couleurs de vie
ne partiront jamais

Elodie Santos

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Hiver

Kamal Zerdoumi

Main dans la main marchent
la neige et le silence
Du monde lavé
de ses souillures
s’élève le chant
le plus pur
Les hommes prennent
un étrange bain
d’innocence
Ils échangent leurs cœurs
boules de candeur
que leurs rires illuminent
Voyez comme ici-bas
la fraternité a bonne mine
Il suffit de peu
que deux amoureux
main dans la main
regardent en silence
tomber la neige
de leur enfance

Kamal Zerdoumi, 2018

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La voix

Ondine Valmore

La neige au loin couvre la terre nue ;
Les bois déserts étendent vers la nue
Leurs grands rameaux qui, noirs et séparés,
D’aucune feuille encor ne sont parés ;
La sève dort et le bourgeon sans force
Est pour longtemps engourdi sous l’écorce ;
L’ouragan souffle en proclamant l’hiver
Qui vient glacer l’horizon découvert.
Mais j’ai frémi sous d’invisibles flammes
Voix du printemps qui remuez les âmes,
Quand tout est froid et mort autour de nous,
Voix du printemps, ô voix, d’où venez-vous ?…

Ondine Valmore