Poetica, des poèmes d’avenir, du présent, du passé...


Nous classons les poèmes par thème et par auteur. Utilisez les menus pour trouver ceux qui vous intéressent.
Sélection : poèmes à la une

L’écho de nos silences

Claude Monet, Champs de tulipes en Hollande, 1886
Claude Monet, Champs de tulipes en Hollande, 1886

On s’enverra des cœurs
A remplir nos solitudes
Et des tulipes de couleurs
Comme on n’a plus l’habitude

On se réchauffera l’âme
Depuis longtemps délaissée
On s’attribuera des Palmes
Pour chacune de nos qualités

Dans le désert bleu ciel
Nos sourires en souffrances
Combleront de plus belle
L’écho de nos silences

Thomas Chaline, 2016

Sélection : poèmes à la une

Fragile

Sortie de terre
d’un rien du désert
graine de racines
Elle s’accroche
contre les vents violents.
Force de vie grandissante
préserve la beauté
de sa fragilité.
Délicate,
Elle s’ouvre enfin sur le monde
pour grandir.
Une fois debout
Épanouie,
elle s’effrite,
fanée mais toujours là.
D’un brin d’air
Elle revient à la terre
pour toujours.

Laetitia Sioen, 2017

Sélection : poèmes à la une

Printanière

Elle coiffe avec le peigne radieux
du soleil
sa chevelure verte
et fleurie
d’où nait le chant
des oiseaux
Elle rit aux derniers frimas
et fait couler de nouveaux ruisseaux
pour nous dire
que rien ne dure
Elle dévoile les couleurs
et répand par poignées
l’essaim de leurs parfums

Malgré la ritournelle des saisons
notre Terre
aux robes légères
passante qui régénère

kamal Zerdoumi

Sélection : poèmes à la une

Émergence

Les idées se bousculent
se rassemblent
et se fuient
les trajectoires se délient

Dans une grammaire aléatoire
le maillage se détend
les pensées se rattrapent
se libèrent d’une mouvance illusoire

Détruire et se régénérer
ailleurs ou ici même
selon un algorithme
d’une latence bien éclairée

Attendre l’évidence,
l’instinct ou l’intuition

Nadia Ben Slima, 2015

Sélection : poèmes à la une

Les enfants à venir…

Dites-moi, professeurs et maîtres de savoir,
Patentés et laïcs, jongleurs fous de programmes,
Etes-vous ignorants du complot qui se trame
Contre l’humanité de l’homme et son pouvoir ?

Quelles valeurs et qualités font notre gloire ?
Les paravents du siècle ont jaspé nos neurones
Mais le coeur se grisaille : en ces cités atones
Se crache une douleur sans espoir ni mémoire,

Violente et creusant nos puits d’intolérance.
Dites bien aux enfants le lieu de leur naissance :
La Terre… Ils sauront tôt – n’en déplaise aux pillards –

Qu’un si rare berceau peut devenir tombeau ;
Les enfants à venir seront privés d’oiseaux
Si l’on n’arrête pas cette ignoble fanfare…

Patrice Cosnuau

Sélection : poèmes à la une

Voilà la rose

Voilà
la rose est rouge
les amoureux s’embrassent
et partagent leur âme
assis sur le banc chaud

Voilà
la rose est douce
les amoureux se touchent
et se disent en cachette
des mots silencieux

Voilà
la rose perle
les amoureux s’enivrent
au doux son du printemps
que chantent les oiseaux

Voilà
la rose brûle
les amoureux s’endorment
et les belles fleurs jaillissent
au bord du vieux ruisseau

Voilà
la rose pique
les amoureux se quittent
quand le soleil se couche
et que le ciel n’est plus là

Elodie Santos

Sélection : poèmes à la une

Primevère de printemps

Veillés par une primevère solitaire
nous nous sommes retrouvés à la lisière du monde.
Les pétales nous regardaient surpris
la terre encore blanche de neige
les rayons du soleil embrumés.
L’hiver est parti, tu l’as senti.
Nous avons osé le désir éphémère
ensemble
nous nous sommes laissés éblouir.
La chaleur de tes mains m’a caressée sans me toucher
pétale primitif
Ton regard m’a modelée
neige de printemps
Ton souffle a enluminé mon âme
rayon de certitudes
Tes mots ont su, pour un instant, orner notre futur
Eternellement embrumé.

Sybille Rembard, Beauté Fractionnée, 2002

Sélection : poèmes à la une

La corbeille

Choisis-moi, dans les joncs tressés de ta corbeille,
Une poire d’automne ayant un goût d’abeille,
Et dont le flanc doré, creusé jusqu’à moitié,
Offre une voûte blanche et d’un grain régulier.
Choisis-moi le raisin qu’une poussière voile
Et qui semble un insecte enroulé dans sa toile.
Garde-toi d’oublier le cassis desséché,
La pêche qui balance un velours ébréché
Et cette prune bleue allongeant sous l’ombrage
Son oeil d’âne troublé par la brume de l’âge.
Jette, si tu m’en crois, ces ramures de buis
Et ces feuilles de chou, mais laisse sur tes fruits
S’entre-croiser la mauve et les pieds d’alouette
Qu’un liseron retient dans son fil de clochettes.

Cécile Sauvage, Tandis que la terre tourne

Sélection : poèmes à la une

Le Chant des villes

Je m’attache aux pulsations des villes
A leur existence mouvementée
Je respire dans leurs espaces verts
Je me glisse dans leurs ruelles
J’écoute leurs peuples de partout
J’ai aimé les cités Le Caire ou bien Paris
Elles retentissent dans mes veines
Me collent à la peau

Je ne pourrai me passer
D’être foncièrement :
Urbaine.

Andrée Chedid

Poème inédit commandé par le Printemps des Poètes 2006