Canicule

Claude Luezior

plus loin, dans la pénombre
des bavardages enfiévrés

toutes eaux perdues
une grenouille radote sa prière

une pie, deux fées translucides
s’inclinent avec cérémonie

aux galets d’un purgatoire
où gisent des soleils calcinés

déjà s’inscrivent sur des feuilles
les mémoires d’une canicule

et pleurent sans larmes
des saules à l’abandon

en cohortes basculent des présages
au seuil de puits asséchés

sous des murailles incandescentes
se consument les broussailles

une torchère traîne au Golgotha
des lambeaux d’horizon

autodafé où se bousculent
siroccos et brasiers indécis

en vain se dilatent des nuages
enceints de grêle et d’éclairs

tandis qu’étincellent en silence
les enluminures des grappes

se gorgent d’alcool et de sucs
des guêpes aux indécentes ripailles

sacristie où l’on prépare
du sang, l’éloquent sacrifice

dans nos chairs, l’été en gésine
paraphe ses ultimes frénésies

Claude Luezior

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