A une passante

Charles Baudelaire

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

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83 commentaires sur “A une passante”

  1. lucenthos

    dit :

    Un peu de substance, sans trop de technique, surtout pour des jeunes gens en classes de seconde ou première et qui sont parfois démunis en présence de commentaires de textes notamment poétiques.

    Deuxième moitié du XIXe siècle. L’urbanisation bat son plein. Un des « Tableaux parisiens » dans le recueil « Les fleurs du mal ». L’auteur du poème lui-même, Monsieur Baudelaire, 34 ans, sans doute attablé à une terrasse de café et incommodé par le bruit environnant. Au cœur de ce tintamarre irritant, apparition d’une piétonne à l’allure singulière. Tout va changer.

    À la suite de cet événement, il pense à une correspondance improbable mais fantasmée. Il compose un sonnet, le dédicace « À une passante » tout en sachant qu’il ne la reverra jamais…

    Premier quatrain

    Ambiance urbaine bruyante avons-nous dit, « La rue assourdissante autour de moi hurlait ». Atmosphère peu favorable à la sérénité. Mais scène de rue fascinante car au sein de cette cacophonie, survient… une femme…ravissante.

    « Longue, mince ». D’abord l’apparence physique. Élégante silhouette et style vestimentaire haut-de-gamme, couleur noir de jais. Aspect cérémonieux, « en grand deuil ». Pas réellement en deuil mais sa mise connote avec l’apparat funèbre. Résurgence du thème de la mort, romantique par excellence… Ajout d’une notation hyperbolique, « douleur majestueuse ». Apparence de solennité qui vise l’intemporel.

    Et quelle allure ! Démarche balancée. La belle a des manières, joue avec son habit. Gestes amples et quelque peu provocants. Le poète admiratif, trouve sa gestuelle « Fastueuse ». Cela concorde avec « majestueuse » du vers précédent, deux rimes riches et embrassées. C’est dire… Elles accentuent le côté solennel. Déduisons : la passante ne peut (ou ne veut pas) passer inaperçue. Préciosité, coquetterie et même ostentation chez cette citadine qui avance comme un mannequin de chez Worth défilant… en pleine rue. Ceci n’est pas pour déplaire au dandy Baudelaire, amateur, en son temps, des salons huppés et des belles tenues provocantes.

    Deuxième quatrain

    D’abord deux adjectifs « Agile et noble ». Elle a de la classe cette mondaine, l’aura d’une reine, avec « Sa jambe de statue ». C’est un compliment muet car Baudelaire est un esthète sensible à la beauté des galbes et à la plastique des corps. Mais la superbe créature passe trop rapidement. Juste le temps de lui taper dans l’œil. Sous le charme de cette vision, l’admirateur a complètement oublié le vacarme de la rue. Seul persiste sur sa rétine excitée, le subtil et sensuel déhanché de la belle qui passe. Dans cette séquence, comme au cinéma, le cadre s’efface au profit du personnage principal. La beauté a pris le pas sur l’environnement.

    Cette rencontre qui n’en est pas une, n’en est pas moins bouleversante pour le poète qui s’enflamme au point d’absorber cette scène comme on boit des paroles « Je buvais »……. Suspense. L’objet du délice est reporté au quatrième vers. Mise en scène qui vaut une mise en évidence. Entre-temps est inclus le diagnostic du choc émotionnel éprouvé : « crispé comme un extravagant ». Pic de testostérone, bouleversement, mis hors de soi par l’irruption d’une femme trop séduisante. Notons qu’ « extravagant » est pris en tant que substantif et non en tant qu’adjectif. Pas un attribution partielle donc, c’est tout l’être qui est chamboulé.

    Mais au fait, que buvait-t-il ? Réponse : absorbé par tant de beauté, il savourait « La douceur qui fascine et le plaisir que tue ». Ça, il faut pouvoir le digérer ! Terrible cocktail à la fois doux et létal. Or le plaisir n’est pas l’antithèse naturelle de la douceur, bien au contraire… Mais laissons nous un peu torturer. Ce n’est pas n’importe quelle satisfaction, c’est un : « plaisir qui tue » ! Les yeux revolver ne sont pas loin… L’excès de plaisir est souvent associé à de la culpabilité. L’ombre du péché plane…

    Plaisir d’esthète, fervent du culte de la beauté pas constamment perçue en symétrie, en équilibre et sereinement. Quoi qu’il en dise ailleurs, la beauté n’a pas toujours pour Baudelaire la perfection de certaines statues classiques, immobiles comme des rêves de pierre… Le poète s’enchante également des formes esthétiques aux significations ambiguës, voire inquiétantes. Si la beauté trouble c’est qu’elle porte en elle des éléments mystérieux, énigmatiques, contradictoires, surprenants… comme les charognes par exemple ! Ici la beauté féminine de la passante, faite de charme et de séduction masque aussi un potentiel de souffrance et de frustration. Cela promet…

    Deux derniers vers : restitution de ce qui se passe pendant le laps de temps où les regards se sont croisés. Le poète perçoit la prunelle de la femme comme un : « ciel livide où germe l’ouragan ». Le calme apparent avant la tempête… La passion s’exprime en langage météorologique, ouragan, tempête, cyclone, fulguration. Cela rappelle le « Sturm und drang », tempête et passion, des romantiques allemands qui inspirèrent l’Europe. Il y a donc de la violence dans l’air. Dans le regard. L’amour passion romantique veut des tensions, des drames et des larmes. Cela rend-il l’attraction moins captivante ? Mais non, c’est ce genre d’ivresse que recherchent les âmes tourmentées. Elles visent à se libérer du mal-être et de la banalité quotidienne, quitte à en payer le prix par la souffrance. En attendant rien n’est définitivement assuré pour le poète amoureux. Affaire à suivre…

    Aux deux tercets, un certain recul, un bilan : éblouissement et dépossession.

    Premier tercet : « Un éclair… puis la nuit ! », Tout est dit en deux mots, éclair et nuit, sacré raccourci ! Et « Fugitive beauté », fondu au noir comme au cinéma… Elle est passée trop vite cette beauté mouvante, évanescente. Même pas le temps de lui faire un signe d’ouverture.
    Or qui l’eût cru ? L’échange des regards a provoqué un miracle, une renaissance : « Dont le regard m’a fait soudainement renaître ». Pas tout à fait perdant donc. L’apparition de cette créature comme sortie d’un arrière monde, pourrait être aussi l’image d’un bonheur possible… Troublé mais pas tout à fait dupe, le poète sait qu’il ne la reverra jamais. Alors il fantasme. Il rêve d’éternité, sans trop y croire.

    Déploration pleine de regrets au deuxième tercet. Chapelet de vaines suppositions spatio-temporelles : « Ailleurs, bien loin d’ici ! » « trop tard ! jamais peut-être ! »

    Impossibilité d’une rencontre pourtant désirée :

    « Car j’ignore où tu fuis », « tu ne sais où je vais ». Croisement nostalgique. Chances de se rencontrer quasi nulles.
    : « Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais », finale surprenante. Emploi du plus-que-parfait du subjonctif, plein d’incertitudes et de regrets. Et pourtant, tout en avouant sa passion insatisfaite, Baudelaire va jusqu’à affirmer : « ô toi qui le savais ». Belle chute avec cette supposition qui intrigue. La belle dame sans merci aurait-elle saisi dans le regard extatique de l’aimant qui n’a pas pu être l’amant, la flamme d’une passion volcanique ? Simple conjecture ou intuition sans faille ? On peut rêver.

    Que conclure ?

    Apparition soudaine d’une femme d’une grande beauté dans un cadre urbain désagréable. Bonne ou mauvaise fée venue accabler un poète déjà sensible et tourmenté. Ce poète c’est Baudelaire, pas n’importe quel chantre versificateur mais un maître des ressorts poétiques et de l’inspiration, seigneur des métaphores à faire perdre le nord au lecteur ébloui. Il prend ici le rôle d’un véritable albatros perdu dans la ville puis d’une autre façon dans le sillage d’une silhouette féminine aussi flamboyante qu’ambiguë. Retentissement du coup de foudre ! Avec remontée de sentiments tumultueux associés à l’amour et à la beauté. Cette beauté hautaine qui passe sans s’arrêter, quelle cruauté ! Insaisissable la beauté. Impossible l’amour. Condamnation à la frustration sans fin ou à une nostalgie aussi consolante qu’illusoire. Magnifique poème !

  2. Salam

    dit :

    J’aime pas

  3. Norman

    dit :

    Superbe j’adore !

  4. ArzizdelaToure

    dit :

    Le poème « À une passante », extrait du recueil Les Fleurs du Mal, illustre parfaitement le génie poétique de Charles Baudelaire et sa capacité à transformer un instant banal en une expérience profondément marquante. À travers la rencontre brève et silencieuse entre le poète et une femme inconnue, Baudelaire met en scène la beauté éphémère et insaisissable de la vie moderne. La passante apparaît comme une figure mystérieuse, presque irréelle, dont l’élégance et la grâce frappent immédiatement le regard du poète.

    Le cadre urbain, marqué par le bruit et l’agitation de la rue, contraste fortement avec l’intensité de l’émotion ressentie. Ce contraste souligne la solitude intérieure du poète au milieu de la foule. Le regard échangé devient alors un moment suspendu dans le temps, capable de bouleverser toute une existence. La description de la passante mêle admiration, désir et respect, ce qui confère au poème une grande délicatesse.

    La structure du sonnet renforce cette impression de fulgurance : le coup de foudre naît, s’intensifie, puis disparaît brutalement. Le dernier vers, empreint de regret et de mélancolie, rappelle la fatalité de la séparation et l’impossibilité de l’amour. Ce sentiment d’inachevé accentue la dimension tragique du poème.

    Enfin, par la richesse de son vocabulaire, la musicalité des vers et la profondeur des émotions exprimées, Baudelaire parvient à rendre universelle cette rencontre éphémère. « À une passante » est ainsi un poème moderne, émouvant et profondément humain, qui montre comment la beauté peut surgir et disparaître en un instant.

  5. Epstein

    dit :

    J’ai adoré cette lecture !

  6. bladoudou

    dit :

    J’aime beaucoup…

  7. Vince

    dit :

    Fameux rythme, très musical. Comme toute l’oeuvre, ça se déclame très bien et ça se chante encore mieux! Brassens, Little Nemo. Ça vous ressource face à la tempête.

  8. Messager

    dit :

    C’est incroyable autant de talent chez une ordure. Tes vers sont sublimes Charles !

  9. Bissuel

    dit :

    Je trouve très justes et malicieuses les interprétations de ce poème par « trouvé » en septembre 2022.

    Je vois (comme lui, je pense) et étant femme, tout simplement « l’envie » de cet homme qui cherche ce que cherchent beaucoup d’hommes : leur mère et ce paradis perdu du début de leur existence en elle.

    « Trouvé » ne s’y trompe pas : S’il avait pu, il l’aurait bien « aimée »… Le temps bref d’une union fugace qui le rassurerait sur lui même…

    Baudelaire m’émeut beaucoup car il rassemble bien, notamment dans « Les fleurs du mal » avec talent ses angoisses, ses souffrances affectives et son besoin (insatiable) d’amour.

    Antoine Pol a éprouvé dans son poème « Les passantes » la même vision de la femme qui passe et ne s’arrête pas « pour lui »…

  10. Cloclo 6488

    dit :

    J’adore ce poème car il reflète l’amour. Je dois faire une anthropologie poétique et j’ai choisi ce poème car il m’inspire beaucoup et qu’il est vraiment magnifique ❤️❤️❤️

  11. Bodelair fan #1

    dit :

    En vrai ça tue sa race Bodelair t le goat mrc pour ce classique.

  12. Metzinger Sakina

    dit :

    Vraiment… Ce poème est un grand incontournable des œuvres de Baudelaire car il est dans : « Les Fleurs du Mal ».
    J’aime bien ce magnifique poême et aussi le joli poême de Marguerite en réponse à ce de Charles Baudelaire ! ❤️

  13. J’aime les chats

    dit :

    J’aime bien ce poème je suis en train de l’étudier. Baudelaire m’inspire beaucoup.

  14. Brasko

    dit :

    J’aime pas

  15. Jacquesfrabier

    dit :

    Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage, Traversé çà et là par de brillants soleils, le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils (Charles Baudelaire).

  16. Jean.cardelle

    dit :

    Je pense que Antoine pol s’en est inspiré pour écrire « les passantes » mis en musique par Brassens.

  17. A une passante

    dit :

    Très beau poème de Charles Baudelaire l’un des meilleurs poètes de sa génération.

  18. inchallah

    dit :

    Franchement bien bien le poème…

  19. Poet poet

    dit :

    Charles sublime dans ces vers somptueux un regard croisé fugace et foudroyant. La marque d’un génie

  20. pablu

    dit :

    J’ai bien aimé ce poème car il inspire de nombreuses émotions

  21. roll rafael

    dit :

    A la base je ne suis pas fan de poésie mais le poème me plait.

  22. Anonyme

    dit :

    gadiou.laur Tu n’es pas normal toi tu sais que les poèmes de Baudelaire ont été écrits au 19ème siècle et que ce sont des poèmes d’une énorme sagesse mais vu ce que tu écris tu n’a sûrement jamais lu de poème.

  23. Teddy

    dit :

    Je suis fan de ce poème

  24. Teddy

    dit :

    J’ai adoré ce poème de Baudelaire la première fois que je l’ai lu, j’y ai pensé avant de dormir.

  25. ton sauveur

    dit :

    Vers 1-2 :

    Imagerie Visuelle (Description) : « La rue assourdissante autour de moi hurlait, »
    L’utilisation d’images visuelles crée une atmosphère sonore et vivante, dépeignant le tumulte de la rue.

    Vers 3-6 :

    Rupture et Rencontre (Antithèse) : « Longtemps, / Je regardai / La splendide passante, / Dont le regard électrique… »

    Vers 3-4 :

    Utilisation du Passé et du Présent (Analepse et Prolepse) : « Longtemps, / Je regardai… »
    L’utilisation du passé pour décrire la durée de l’observation et du présent pour décrire l’instant de la rencontre crée une tension temporelle.

    Vers 5-8 :

    Sentiments Contradictoires (Oxymore) : « Dont le regard électrique / Me transperce… »
    L’oxymore souligne les sentiments contradictoires du narrateur, entre l’admiration et la distance, créant une tension émotionnelle.

    Vers 9-11 :

    Sonorité et Rythme (Allitération et Assonance) : « Un éclair… puis la nuit ! — Fugitive beauté / Dont le regard m’a fait soudainement renaître, »
    L’utilisation d’allitérations et d’assonances crée une mélodie poétique, renforçant l’impact émotionnel du poème.

    Interprétations :

    Vers 1-11 :

    Fugacité de la Beauté :

    L’imagerie visuelle et l’antithèse soulignent la beauté éphémère de la passante, mettant en évidence la brièveté des moments de bonheur et de connexion humaine.

    Contraste entre l’Idéal et la Réalité :

    L’oxymore reflète le contraste entre l’idéal de beauté représenté par la passante et la réalité souvent décevante de la vie quotidienne, soulignant ainsi le sentiment de désillusion du narrateur.

    Regard de l’Autre :

    L’oxymore souligne également la dualité dans le regard du narrateur sur la passante, représentant à la fois l’admiration et la distance, illustrant la difficulté de véritablement connaître l’autre.

    Nostalgie et Perte :

    L’antithèse met en lumière le contraste entre le passé (la durée de l’observation) et le présent (la rencontre fugace), soulignant la nostalgie et le regret pour ce qui aurait pu être, renforçant ainsi le thème de la mélancolie dans l’œuvre de Baudelaire.

    Éphémérité de l’Instant :

    L’utilisation de l’analepse et de la prolepse crée une tension entre l’éphémère et l’éternel, mettant en lumière la fugacité de l’instant et la permanence des souvenirs, intensifiant ainsi l’émotion suscitée par le poème.

  26. Enzo

    dit :

    J’adore le poème

  27. ?

    dit :

    Ca prouve qu’il ne faut pas abandoner

  28. Nathan

    dit :

    J’ai aimé ce poème. C’est une belle preuve d’amour ❤️

  29. gadiou.laura

    dit :

    Mouai pas mal ça vaut pas andalouse de kendji girac

  30. Philippes Baudelaire

    dit :

    L’œuvre en question A une passante de Charles Baudelaire de 1857 est très romantique et serait parfait pour une lettre d’amour. Bien sur il faut attendre avant de réciter les deux dernières strophes, comme deux secondes et après « Un éclair ».

  31. toothofthedevil

    dit :

    Elle a le regard qui tue tchiquita, bah oui! Majes-tueuse, fas-tueuse, sta-tue, qui tue… pas con Baudelaire.

  32. taho

    dit :

    Je n’ai pas trop aimer ce poème.

  33. trouvé

    dit :

    Un type sirote une binouze à la terrasse d’un troquet. Il s’emmerde un peu. Il regarde les passants. Soudain, une femme du monde apparaît. La beauté est montée sur vérin. Tout y est; les gambettes, la chute de reins, les quinquets, la démarche de gazelle. Elle a des manières de bêcheuse car elle sait qu’elle belle. Elle est attifée comme pour aller à une messe enterrement. Tellement belle la gonzesse que le mec, il la reluque des pieds à la tête et comme une bonne majorité de mecs, il pense des trucs à pas dire. A un moment, leur regard se croise. Pas besoin de faire un dessin. La fille, pas née de la dernière pluie, à lu dans le regard du type. Un éclair et paf!… Trop tard, elle est déjà barrée. Le type replonge le nez dans son verre.

  34. trouvé

    dit :

    Et vas-y que j’te tartine une analyse à la noix !… Toujours des casse-bonbons! Certains commentaires « pseudo-intello » ont la faculté de tuer l’émotion et le rêve.

  35. Passant

    dit :

    Dominique, passe passe passe le oinj de la dualité métaphysique et spiritualo-cartésienne. Que j’en tire deux trois lattes simili-existentielles ! En regardant passer les jolies filles, nous ferons ainsi dialoguer nos rêves respectifs. On en restera à nos zéros du départ, mais en ayant dessiné une plus grande tête à poème. Bien cordialement

  36. JLD

    dit :

    Je m’adresse à Dominique Mareau venant de lire son époustouflant commentaire… De deux choses l’une… ou bien c’est pour imiter la prose du « bobo » pédant qui ne fait que se gratter le ventre ? Et bravo pour la trouvaille…! Ou bien ce verbiage est mûrement pensé par son auteur et alors là… hélas il se donne l’air de comprendre Baudelaire tout à l’envers…!

  37. Paul Emploi

    dit :

    Avez-vous remarqué la métaphore phallique vers 2 ? Non, je ne crois pas, non !

  38. Dominique MAREAU

    dit :

    Il parle intensément de la dualité temporelle où l’intense fugacité du rêve magnifique se conjugue avec la longue déception du réel. Son génie est de comprendre que l’équilibre ou l’harmonie d’un humain tient dans la bonne gestion entre la part de rêve et la part du réel. Cette dualité est née de celle qui existe en physique fondamentale, entre l’impossible attracteur du zéro absolu et l’unique solution réelle, faite de zéros relatifs, issus de la parfaite symétrie entre deux entités contraires qui s’équilibre.

  39. Sirne P.

    dit :

    J’aime assez cette dichotomie entre le caractère fugace de la passante (qui littéralement et figurément « fuit ») et celui de pérennité que lui confère l’image de « statue ». Tout se passe comme si la passion qu’elle suscite dans le coeur du poète ne peut jamais être saisie en soi, qu’en dépit d’un appel à la contemplation (la « douceur qui fascine ») et donc à l’éternité, il y a une inexorable fuite en avant. On pourrait y voir une mise en récit de la déception poétique quand l’objet d’une passion, d’une inspiration artistique ne peut jamais être saisi ex abrupto, dans son essence précisément fugitive ; une oeuvre ne peut que signifier son catalyseur, le représenter (figurativement) sans pourtant en restituer adéquatement la présence.

  40. claude

    dit :

    Je n’aime pas

  41. Déborah

    dit :

    Quel beau poème que nous offre une fois de plus notre Cher Baudelaire ! Oui Thierry, on se rappelle forcément cette jolie chanson de Brassens « les passantes » qui est aussi à l’origine un magnifique poème d’Antoine Pol, dont on ne parle pas assez.

  42. Chat rrrrrrrrrrrrrr lele

    dit :

    Ce poème d’édaphiques a fait un autre choix que je ne peux pas me faire à manger mais il n’y a pas du mal aimer ça.

  43. Beau de l’air

    dit :

    Ca me rappel ma douce maman qui aimait venir me voir dans ma chambre les soirs avant de me coucher: la belle vie❤️

  44. Sidibe Amadou

    dit :

    Quel poète. Le talent ne ment pas! Je me rappelle avoir étudié ça en seconde il y’a 4 ans.

  45. Scrface du guetto 92i

    dit :

    Honnêtement, le début pas ouf mais après je me suis ré-ga-lé.

  46. Denis

    dit :

    Georges Chelon l’a mis en musique.

  47. Charles

    dit :

    C’est super bien j’adore. Je le lis tous les jours quand je me sens mal.

  48. Mojang

    dit :

    Vraiment… Ce poème est un grand incontournable des œuvres de Baudelaire car il est dans : « Les Fleurs du Mal »

  49. loulou

    dit :

    Comment ne pas aimer la poésie de Baudelaire? Tout y est simple et limpide et reflète exactement les pensées de ceux qui ont vécu de telles rencontres au cours de leur vie. Rencontre furtives, sans lendemain avec des regrets éternels.

  50. Franz

    dit :

    Ce poème me rappelle « Les gnocchis » de Maxime Georges

    La fin est extrêmement triste comme la femme s’éloignant de Baudelaire

  51. Harmony

    dit :

    Ce poème est magnifique. Il nous apprend beaucoup. Je le relis chaque jour.

  52. Kléber

    dit :

    Ce poème nous offre une vision du monde plus qu’étonnante. Cela me rappelle lorsque j’abordais cette femme d’une beauté époustouflante sans voir que c’était ma mère. Sacré soirée.

  53. H.N

    dit :

    C’est seulement en l’étudiant avec des élèves que je me suis rendu compte qu’on retrouvait (avec la diérèse) « tueuse » dans les deux mots à la rime : majes-tueuse / fas-tueuse, « tue » dans la seconde strophe… Ce qui colle bien avec le portrait de la femme… C’est un génie pour cacher de petits éléments comme ça !

  54. sorlin

    dit :

    « toute ma vie est là » aurait dit Cyrano. Miracle et mystère insondable du poème qui en disant l’indicible, parvient à saisir l’insaisissable de ces quelques secondes d’éternité que compte une vie humaine. Bien au delà du « souvenir », des « images », c’est parce qu’il nous « saisit » au sens littéral du terme, par nos sens qu’il nous fait vraiment REVIVRE à chaque lecture. Comme la musique à chaque écoute, le tableau à chaque visite… L’art nous rapelle ainsi toujours à l’essentiel. C’est donc tout sauf un divertissement ! Au sens littéral, c’est même… tout le contraire…

  55. notre dame(67)

    dit :

    Pas mal

  56. chris

    dit :

    je le lirai ou plutôt je le dirai ce soir en public pour la nuit de la lecture. Ce poème, me donne à chaque fois des frissons. Sublime ! Il y a tout, du désir, de l’envie et de la tristesse de ce qui aurait pu advenir et qui ne sera pas…

  57. Jean-Marie ROUAN

    dit :

    Tant d’exquise fragilité. Après ce poème, je me sens comme un gros caillou qui tombe sur un parterre de porcelaine.

  58. Thierry MENARD

    dit :

    Personne n’a fait le parallèle avec « les passantes » , cette magnifique chanson de Brassens, qui fait la suite de ce beau poème de Baudelaire.

  59. Wyczisk

    dit :

    Si bien vu, si bien rendu

  60. Assiye Heydari

    dit :

    A mon avis, dans ce poème de Baudelaire la rue le premier élément géographique représente la conception d’un logement pour le poète : une maison où la vie quotidienne s’écoule dans un champ référentiel. Et cette passante ne me semble que sa mère si loin de poète…

  61. Arthur

    dit :

    Rien a dire. Il est parfait

  62. Birgitte Henriksen

    dit :

    J’aime bien ce magnifique poême et aussi le joli poême de Marguerite en réponse à ce de Charles Baudelaire ! ❤️

  63. Aurélien Marcadet

    dit :

    Ce poème est extrait des « Fleurs du mal ».

  64. Traore Souleymane

    dit :

    Charles Pierre Baudelaire connaissait cette femme qui passait auparavant? Puisqu’il a pu faire le portrait moral de la femme. Avant de faire le portrait de quelqu’un il faut connaître cette personne d’abord.

  65. ll

    dit :

    De quel recueil vient ce poème ?

  66. mounira

    dit :

    Trés joli poeme… J’adore

  67. leprof

    dit :

    Charles Baudelaire, une plume hermétique mais inégalable en terme de Poésie ! Pour moi, Baudelaire, lui-même, est une fleur du mal !

  68. Evan katakala

    dit :

    Ma parole; Baudelaire avait une plume surnaturelle!

  69. Djunice

    dit :

    Sublimissime! Magnifique!

  70. abdoulaye

    dit :

    Il fait parti des meilleurs poètes.

  71. ania

    dit :

    j’adore ce poeme moi aussi

  72. Juju

    dit :

    C’est simplement magnifique… et triste… Je ne me lasse pas de le lire et relire!

  73. Liloup64

    dit :

    Je trouve ce texte magnifique, de part la notion de fugacité de la femme. Très joli poème !

  74. Laura

    dit :

    Profondément passionnant dans ses vers ! Ce poème ne laisse pas de marbre.

  75. florianne

    dit :

    C’est magnifique !

  76. fabrice

    dit :

    quelle tristesse

  77. Amélie

    dit :

    Un de mes poèmes de Baudelaire préférés, qui me fait toujours songer à « Mon rêve familier » de Verlaine d’ailleurs…

  78. Anonimus

    dit :

    Belle poésie

  79. Sarah

    dit :

    Un sonnet qui exprime bien un moment marquant sur le moment, mais que l’on sait qu’il sera fugace, après…C’est là tout son talent.

  80. Marguerite

    dit :

    le silence était assourdissant,
    Je marchais l’âme dans mes pensées,
    Noir était le ciel dans mon coeur vibrant,
    l’odeur de la mort me poursuivait..

    Il pleuvait et,ma jupe trainait froissée,
    Des flaques comme des claques me mouillaient la peau,
    En relevant ma jupe ,il était là,il me regardait.
    L’inconnu debout contre l’arbre avec son chapeau.

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