Exils

Jean-Pierre Villebramar

Tu ne le savais pas,
la vie, là-bas te serait dure,
des nuits d’hivers et de froidures,
mais tu ne savais pas vraiment

Il y aurait des enfants à naître,
de jeunes êtres
venus de toi

Des jours en terres étrangères
parce que chez toi c’était la guerre

Mais la vie parfois simple et belle
et des ciels bleus pleins d’hirondelles,
tes vieux parents étaient restés,
ils t’écrivaient:

« Comment vont nos petits-enfants,
dans le Nord, sont-ils bien, vraiment?
Eux qui n’ont pas de cheveux blonds,
ni des yeux clairs? Sont-ils moqués?

Ou bien vraiment bien intégrés dans la machine à niveler?
À niveler? »

Tu ne le savais pas vraiment quand tu es partie de chez nous,
avais-tu des regrets? Beaucoup?
Ou pas du tout?

Un jour, tu es sortie de ma vie, et dans ma mémoire, depuis,
il y a comme une blessure

Tu ne sais pas, non, pas vraiment,
non, pas vraiment…

Villebramar, 2026

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