La ville se dépouille de sa verdure
Un poignard vers l’azur
Couvert d’un manteau de poussière
Peuplée de marchands, de djinns, et de cadavres.
Des visages bariolés, des corps abimés et des ombres
Boivent le thé en attendent la mort
Et chassent les chats comme ils ont chassé l’espoirs.
Des maisons, des abris, des ruines
Croulent sous la canicule
Et les femmes lisent le livre
Des chaises en bois, un ballon et un chien
Entrent dans le café
Ou la fumée des chichas vient colorer le ciel poussiéreux.
Des cris, des fumeurs de haschisch, et un joueur de oud,
Accordent leurs sons
Au milieu de l’orient qui chante son passé
Dieu, un livre et des hommes,
Attendent l’appel de la tour
Qui scintille dans la nuit humant l’odeur de la ville.
Des colliers, des perles et des femmes
Dansent et parent la nuit
D’espoirs, de vie et de couleur
Un jeune, un adulte et un vieux
Allument le feu
Couleur jasmin comme un linceul dans ce ciel noir.
Un zabbalîne et un habitant de la cité des morts,
Récupèrent leur vie,
Et jouent aux dominos
Un jeune homme, une jeune fille,
Un homme, une femme
Un vieux et une vieille
Mettent la nuit dans leurs poches et s’aiment.
Au Parc al Azhar,
Les nuages gris et noirs,
Sont bleues, rouges et vert
Les ruines sont palais habités
La mort et la vie dansent au son du oud
Et les amours impossibles attendent leur tour.
Un nuage vierge caresse ce sanctuaire
Et son regard rallume les étoiles éteintes par mes yeux.
De ce balcon décrépit je contemple la mort partir et la vie revenir.
Benjamin Delmont, 2025