Le ciel est un enterrement de rose,
Ce soir
Pas un linge blanc tendu
Sur le fil de la nuit humine
Tiré par des filles assises en rond qui cousent leurs poupées
De chagrin innommable
Dans le silence du village
pas un écho de feu
ou de puissance
Pendant que le ciel se gorge de sang puis d’eau.
Un drone bourdonne entre les nuages abandonnés
Aux étoiles orphelines fatiguées de briller
Le vent frais gémit – avant de meugler-
Sur des feuilles n’osant plus bouger
A la vue de moineaux brisés -de l’autre côté du ciel.
un garçons sort à la recherche de juin
dans la ville peuplée de fleurs fantômes
et avance dans le champs de tournesols aveugles
pendant que les filles enfermées
claquent leur poupées
sur le sol de poussière
– un tactac silencieux – au milieu des tournesols sourds,
détergent sacré,
venait déposer la cendre
sur les lèvres gercées des femmes déjà orphelines
pendant que dans une autre cave
le beuglement d’un vieux marchand de fruit
était étouffé par le « Aaameen » d’un prêtre
sans fidèle
Les tambours que les hommes de dieu ont battus
Jusqu’au sang de leur doigts
Sont nus
et secs,
ce soir
Le silence des drones assourdissent résonnait dans la rivière
ou les canards se noient dans leur apnée
– tac tac – l’un avait osé respiré
Benjamin Delmont, 2025