Rupture

Esther Granek

J’effacerai le temps
J’effacerai les jours
Mais je sais qu’au retour
J’irai me questionnant

Voilà
J’ai les mains vides
Vides sont mes mains
Vides
Parfois je les regarde, stupide
Et les feuilles tombent dans l’air limpide
Encore une fois

J’effacerai les places
J’effacerai les traces
Me faisant un espace
Dont tu seras absent

Encore une fois
Voilà
J’ai les mains vides
Et du creux de mes paumes arides
S’échappent fuyant entre mes doigts
Les restes d’un espoir pesant

J’effacerai les peines
J’effacerai les joies
Notre route bifurqua
Et chacun eut la sienne

Voilà j’ai les mains vides
Vides sont mes mains
Vides
Et les feuilles tombent dans l’air limpide
Encore une fois

Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978

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5 commentaires sur “Rupture”

  1. Laurence

    dit :

    Ce qu ELLE a fait : Esther c’est une femme. Et quand on lit bien le poème elle parle d’un homme… (« tu seras absent »)

  2. jean batou

    dit :

    De tels poètes sont très rares de notre temps. Je me demande ce qu’il a fait pour être doué ainsi. Je valide ce poème.

  3. georges mayet

    dit :

    Franchement ce poème est parfait, ça ne se fait pas en une matinée, ça c’est sur!

  4. ATOURE

    dit :

    Belles rimes

  5. noreil

    dit :

    Ce qui m’interpelle probablement le plus est le drôle de sens que prend le poème lorsqu’il est lu de bas en haut.

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