Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s’en excusa,
Disant qu’il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause.
Il n’en reviendrait morceau.
Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
– Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer.
Si quelque matière dure
Vous menace d’aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai.
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s’en vont à trois pieds,
Clopin-clopant comme ils peuvent,
L’un contre l’autre jetés
Au moindre hoquet qu’ils treuvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n’eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu’il eût lieu de se plaindre.
Ne nous associons qu’avecque nos égaux.
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d’un de ces Pots
Jean de La Fontaine
D’abord on note que contrairement à l’image utilisée pour illustrer un combat inégal « c’est le pot de terre contre… » les deux pots sont les meilleurs amis du monde et les gens qui utilisent cette expression l’ignorent. Ils vivent dans la même cuisine, près de la même cheminée. La langue rustique utilisée par La Fontaine nous laisse à notre guise imaginer les lieux, avec les enfants qui chahutent, le chat et le chien qui viennent lapper le col d’un pot après utilisation en quête d’une douceur sur la langue. Enfin les deux personnages sont campés en quelque vers, le pot de terre timide, peu sur de lui, fragile dans son personnage comme dans son corps, et le pot de fer, bon gars débonnaire mais quelque peu égoïste. Il s’ennuie et voudrait bien voir le monde mais pas tout seul, alors tout est bon pour entrainer son ami dans l’aventure. La protection qu’il lui promet, y croit il lui même? Une situation de la vie courante ou une personne part en aventure au delà de ses aptitudes influencée par un autre quelque peu manipulatrice, refusant de voir que ce est pas pour elle. Les tournures désuètes utilisées par Jean de La Fontaine en font probablement la fable la plus poétique de toutes avec deux personnages très attachants.
Je ne suis pas d’accord avec cette morale, car si on reste toujours avec les même personne, on ne va jamais apprendre comment les autres personnes ils vivent plus précisément (ils ne faut jamais rester avec le ou la même personne par ce que sinon on ne va jamais apprendre comment ils vivent.
Ah oui, c’est bien vrai ! S’associer avec quelqu’un de trop différent n’amène jamais à la réussite (dans ce poème La Fontaine parle des différences fondamentales bien sûr, pas des différences de nationalité).