État de siège ?

Arthur Rimbaud

Le pauvre postillon, sous le dais de fer blanc,
Chauffant une engelure énorme sous son gant,
Suit son lourd omnibus parmi la rive gauche,
Et de son aine en flamme écarte la sacoche.
Et, tandis que, douce ombre où des gendarmes sont,
L’honnête intérieur regarde au ciel profond
La lune se bercer parmi la verte ouate,
Malgré l’édit et l’heure encore délicate,
Et que l’omnibus rentre à l’Odéon, impur
Le débauché glapit au carrefour obscur !

FRANÇOIS COPPÉE.
A. R.

Arthur Rimbaud, Album Zutique

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Un commentaire sur “État de siège ?”

  1. Dine

    dit :

    Très intéressant ! Quelqu’un pourrait-il m’expliquer le sens profond de ce superbe poème ? Merci.

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