Berceuse

Christine Larrieu

Laisse moi te conter le chant de la rivière,
Sous la douce lueur de clairs reflets d’argent,
Te dire la senteur des grands glaïeuls ardents,
Et la tendre fraîcheur de ton lit de lumière.

Te raconter qu’autour la nature s’agite,
L’oiseau mélancolique chantant son désespoir,
Que la lune bientôt viendra au ciel inscrire
Son disque, miroir profond, qui plus tard pâlira.

Te dire mon doux rêve d’un long sommeil sans fin,
Dans ce tout Petit Val sous ces rayons divins,
Bercée par la beauté de ton pâle sourire,
Et sentir dans la nuit les grands roseaux frémir.

Puis délicatement sur ton corps endormi
– Afin de protéger ta jeunesse qui s’en va
Et ne plus affronter ô cruelle infamie,
Ces deux trous rouge sang sur ton corps côté droit,

Telle brume du soir lorsque l’astre descend,
Jaunissant vivement l’onde dans le couchant –
Laisse moi doucement laisse moi tendrement,
Déposer un suave et léger voile blanc.

Christine Larrieu

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Un commentaire sur “Berceuse”

  1. Sylvain

    dit :

    Un magnifique hommage au poème d’Arthur Rimbaud « Le dormeur du Val »… Ce jeune soldat endormi à jamais dans un Val de Lumière. Très émouvant.

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