Le tremble est blanc

Paul-Jean Toulet

Le temps irrévocable a fui. L’heure s’achève.
Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve,
Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,
Tes yeux plus clairs.

A travers le passé ma mémoire t’embrasse.
Te voici. Tu descends en courant la terrasse
Odorante, et tes faibles pas s’embarrassent
Parmi les fleurs.

Par un après-midi de l’automne, au mirage
De ce tremble inconstant que varient les nuages,
Ah ! verrai-je encor se farder ton visage
D’ombre et de soleil ?

Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes, 1921

Imprimer ce poème

Un commentaire sur “Le tremble est blanc”

  1. JEAN

    dit :

    Très beau. Très facile à comprendre par rapport à certains autres. Grand poète, un peu dans la veine de Charles Cros, ou de Tristan Corbière, ses précurseurs je crois.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.