Amour haineux

Sybille Rembard
Edvard Munch, Femme nue en larmes, 1914
Edvard Munch, Femme nue en larmes, 1914

Se levant
le poing
foudroie
tâche la peau
d’un bleu incrédule

Le cri transperce les murs
sourds

L’abîme reste impuni

Le Verbe destructeur
empoisonne les veines
démolit l’âme

L’oreille voisine se voile
Les belles paroles
cachent les sanglots

Le prince charmant
brode l’enfer du quotidien
en maitre absolu

Sybille Rembard, 2020

Imprimer ce poème

10 commentaires sur “Amour haineux”

  1. Boris

    dit :

    Alors bonjour à tous, je ne sais pas quoi dire, cela m’a boulversé comme l’a souvent dit Martin Luther King : « Ce qui compte, chez un homme, ce n’est pas la couleur de sa peau ou la texture de sa chevelure, mais la texture et la qualité de son âme. ». Comme vous avez pu le lire, l’Humain ne peut pas tout endosser sur son dos. Cette pauvre femme a dû enduré ENORMEMENT de souffrances durant sa vie. Cela me touche au plus haut point.

  2. Barbara Chine

    dit :

    Poignant! Pourquoi la presse ne publie pas de poèmes, pour accompagner leurs articles?

    Toutes les femmes battues ne sont poètes et le vôtre Sybille, pourrait rendre les voisins plus bruyants s’il était publié à grande échelle. Grâce à vous, ils sauront qu’une femme dans la détresse attend leur aide, car elle n’a peut-être pas assez confiance en elle pour le faire elle-même, ou par peur, mais ce qui est sûr, en lisant votre poème, c’est qu’elle l’attend.

    Vos mots, la façon dont vous les avez choisis, placés, sont vos munitions à vous. Continuez à dénoncer, sur tous les sujets qui vous indignent! Vous le faites de manière profonde et magistrale.

  3. lulu la best

    dit :

    Moi aussi je l’ai choisi pour mon travail en Français.

  4. zineb.btaa

    dit :

    Ce poème m’a beaucoup touché. Je trouve que c’est un sujet important et que les mots utilisés sont très justes.

  5. wsh la street

    dit :

    Trop cool je l’ai choisit pour mon travail en Français.

  6. C

    dit :

    Si c’était le cas elle ne pourrait pas s’exprimer… celui qui voit et qui ne fait rien… celui qui sait en son sein même si souffrance il ressent n’en crie? Est-il déjà mort? Ou attend-il taper à son tour…

  7. Marie Minoza

    dit :

    Triste vérité que tes mots lancent au rythme des violences et des silences.

  8. Airjai

    dit :

    Poème coup de poing .
    Uppercut à la face
    Qui laisse forcement des traces
    Si l’on est pas trop obtus.

  9. Zerdoumi

    dit :

    Une approche originale – inspirée, à mon sens, de l’univers pictural – de la femme battue.

  10. Zerdoumi

    dit :

    J’aime ce texte : des personnifications frappantes d’entités abstraites avec cette chute inattendue, ce « prince charmant » démythifié, ce rêve de pacotille transformé en dictateur domestique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *