Le dormeur du val

Arthur Rimbaud

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud

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140 commentaires sur “Le dormeur du val”

  1. Jeremy

    dit :

    C’est vraiment bien…

  2. I.L

    dit :

    Il est fait en 1854-1891, c’est bien ça ?

  3. Mazzo René

    dit :

    Pour comprendre la magie de ce poème, il faut d’abord se rappeler qu’il a été écrit par un élève de 15/16 ans. C’est comme avec Mozart: on sent le génie d’emblée, et tout au long de l’œuvre! Cet enfant, qui a déjà lu tout Hugo et Baudelaire, maîtrise les règles de la prosodie parfaitement.

    Le sonnet est impeccable techniquement. Et il y a une maestria dans la construction :

    – description, jusqu’au dernier vers, baignant dans une sorte de réalisme romantique, d’un jeune homme, encore enfant ou presque, qui dort dans une nature idéale: « un trou de verdure qui mousse de rayons », plus loin « où la lumière pleut ». Les trouvailles d’images sont saisissantes, par exemple, cet oxymore de la lumière qui tombe comme une pluie.

    – jusqu’à la chute, qui survient en coup de théâtre: cet enfant qui dort dans une nature paisible et harmonieuse est en réalité un soldat mort, un enfant qui ne respire plus! Et ceci est dit de façon subtile, annoncé comme une énigme à déchiffrer : « il a 2 trous rouges au côté droit » La description poursuit celle de la nature, la mort étant intégrée dans un tableau clinique, et sans commentaire macabre, des symptômes.

    Cette révélation tombe sur le lecteur comme un choc car celui-ci comprend soudainement que ce tableau apparent d’une vie luxuriante et exubérante est aussi celui de la mort. On voit déjà chez l’auteur du poème une profonde réflexion et compréhension de la réalité!

  4. Lisa farsac

    dit :

    Franchement pas ouf #surcoté

  5. flor

    dit :

    Ce poème est si symbolique avec plusieurs indices… il est très significatif.

  6. EmileZola

    dit :

    Je ne comprends rien au passage sur les « Haillons d’argent », quelqu’un peut m’éclairer ?

  7. didier

    dit :

    Ce poème est un de mes préféré avec Verlaine « je fais toujours ce rêve étrange et pénétrant… » et Baudelaire « Ho mort vieux capitaine, il est temps levons l’ancre… » Comment les poètes font ils pour trouver des mots aussi justes et touchants?

  8. Delfolie

    dit :

    Sublime

  9. loulou

    dit :

    C un poème de ouf!

  10. Domi

    dit :

    La lumière et l’émotion est totale

  11. Domi

    dit :

    Les mots sont des pinceaux surréalistes, le frais ruisseau, la douce verdure, le rouge vif mélange d’émotion et de lumière, la plume magique, l’émotion est totale.

  12. Une plume de poésie fan de Victor Hugo

    dit :

    C’est réellement mon poème préféré!! Je ne m’en fatiguerai jamais!

  13. Mercia

    dit :

    Elle est super ! On l’a appris à l’école, génial.

  14. Maeline

    dit :

    Je trouve ce poème super

  15. Elilaruvi

    dit :

    Super bien

  16. Sylvette BOISNARD

    dit :

    Magnifique poème d’ARTHUR Rimbaud que J’ai récité sur la tombe de ma mère en avril 2000, institutrice et qui l’avait fait apprendre à la classe de CM2 à laquelle j’appartenais, il y a 69 ans. J’avais alors remarqué qu’un de mes anciens copains de classe le récitait avec moi. J’ai maintenant 80 ans et je n’ai pas oublié.

  17. Virginie

    dit :

    En réponse à solenovitch. Je pensais l’avoir oublié ! Il était toujours là. C’était un bonheur de le redire à haute voix. Essayez

  18. SOLONOVITCH

    dit :

    J’ai longtemps su ce poème par coeur. J’aimais le réciter à haute voix. En public parfois… A chaque mot l’émotion rendait mon récit incertain de plus en plus fragile. Aujourd’hui avec le temps je préfère le lire en silence. Pour moi.

  19. Timéothéotiméo

    dit :

    C tro bi1

  20. Vernassaud

    dit :

    Le dormeur du val c’est nous tous, la tête dans le cresson vert, endormie. Ensommeillée par la vie et un beau matin ou a tout autre moment les pieds dans les glaïeuls nous nous absentons éternellement.

  21. Pauline

    dit :

    Personnellement c’est un poème qui m’a énormément marqué et dont je me souviendrai toute me vie…

  22. Tiphaine

    dit :

    Waouw, que dire ? J’ai tout de suite eu la larme à l’œil. C’est un poème tellement… beau , tellement… magique ? Ça me rappelle ma jeunesse car je l’avais étudié mais je ne l’avais pas bien compris. Maintenant à mon âge tout est plus clair et j’ai pu en profiter au maximum. C’est beau et je le mettrais sûrement sur ma tombe car c’est le poème le plus beau que j’ai pu lire. Bravo Rimbaud !!!!

  23. Gabin

    dit :

    Avec Rémi nous avons découvert l’ultime poème qui nous fit vrombir nos moteur interne.

  24. Bernard alex

    dit :

    Très beau poème d’Arthur Rimbaud même 45 années plus tard je n’ai rien oublié de cette récitation. Toujours ce frisson dans le dos en rélisant le texte. Merci…

  25. Karson

    dit :

    Super le temps de l’école est loin. Joli poème que j’ai appris par cœur. Maintenant c’est de la merde, tout ce qui se passe ça vaut rien de bon. Triste pour le soldat, mais il ferait bien de refaire des régiments pour les jeunes au lieu de faire des conneries.

  26. VINCENT

    dit :

    Vive le web… Retrouver ce poème à l’heure de la sieste sur le plateau ardéchois et le souvenir d’avoir appris ce bijou de poésie… si facile… si triste… si beau.

  27. EIR

    dit :

    J’aime bien mais c’est triste

  28. Anaise

    dit :

    L’humanité du prince du verbe nu !

  29. Ndiaga diop

    dit :

    Beau poème. Rimbaud s’est bien engagé en dénonçant le mal du siecle et en mettant en exergue les mauvaises moeurs par le truchement de son illustre plume.

  30. Hélène

    dit :

    Ce poème m’émeut toujours autant, à mon grand père et compagnons d’armes tombés si jeunes au champ d’honneur.

  31. SlyZeeeeer

    dit :

    Merci, on l’apprend à Albert Camus.

  32. tanguy

    dit :

    Ecrire un texte pareil pour finir vendeur d’armes…

  33. Akiya

    dit :

    Ce poème magnifique appris en cm2 est le premier poème qui m’a vraiment marqué et qui m’a fait découvrir l’œuvre de Rimbaud que j’apprécie énormément… Presque 25 ans après je ne l’oublie pas et il me marque toujours autant.

  34. Youyou

    dit :

    Trop bien

  35. Tholozan

    dit :

    Le dormeur du val avec la cigale et la fourmi restent les seuls poèmes dont je me souvienne.

  36. Blandine

    dit :

    Bonjour, ce poème est merveilleusement bien écrit et touche les cœurs par sa signification. Il n’y a qu’à lire les commentaires… sans doute faut il avoir un peu vécu pour comprendre la valeur de la vie, d’une vie pour mesurer la douleur de voir un être jeune parti dans la mort. La guerre, la violence, l’injustice, le sacrifice de la jeunesse au profit des intérêts d’une minorité. Rien, non rien n’a changé. Est-ce que ça changera un jour d ailleurs?

  37. de Tassigny Réjane

    dit :

    J’adore la poésie romantique !

  38. jean

    dit :

    Ce poème est tout simplement magnifique.

  39. Jocosius

    dit :

    Grande émotion en ce dimanche ensoleillé. Une balade en montagne, un ruisseau qui coule joyeusement. Et la beauté de cette nature m’ont rappelé ces vers magnifiques appris lorsque j’étais tout jeune. La puissance extraordinaire de la nature et la puissance évocatrice de ce poème !

  40. Noemie Adler

    dit :

    Une mélancolie agréable !!!

  41. Divry Édouard

    dit :

    Sans doute Rimbaud songe aux morts de la guerre de 1870 avec le désastre de Sedan. Moins de présomption chez Napoléon `le petit’ aurait évité à la France ce désastre et ses morts tels que celui que dépeignit si brillamment A. Rimbaud. Je récitai avec une voix profonde ce poème en 1968 en classe de 3e au Lycée Carnot à Paris pour l’examen de récitation.

  42. Dominique Mawuena

    dit :

    A l’heure ou notre pays pleure ses treize valeureux fils morts au combat ce poème, appris il y a cinquante ans, m’est revenu comme un boomerang. Puisse leur mort ne pas être vaine, nous pensons très fort à leurs familles.

  43. Bonard

    dit :

    A l’heure ou notre pays vient de perdre encore 13 valeureux de ses fils morts au combat, ce poème, appris il y a 50 ans, me revient comme un boomerang. Quelle tristesse ! Nous pensons très fort à leurs familles, qu’ils ne soient pas morts pour rien.

  44. Wendy Gabrielle

    dit :

    Ce poème est magnifique plein de mélancolie. Demain je vais devoir le réciter et je suis bien contente que ce poème soit remit dans le programme. Wendy.G, 5eme.

  45. ?

    dit :

    Le poème est beau mais dur à apprendre

  46. Rébois Denis

    dit :

    Nostalgie….

  47. andy thiancourt

    dit :

    Je l’adore ce poeme, il est très bien.

  48. Sabine Pinston

    dit :

    C’est un fabuleux poème….un petit trésor d’Arthur Rimbaud…. plein de mélancolie et de tendresse…… J’AIME !!

  49. Agathe

    dit :

    J’adore ce poème, j’avais été choisie par mon institutrice pour le réciter à un concours de récitation quand j’avais 13 ans (j’en ai 64 aujourd’hui…), j’aimais beaucoup le réciter…, il fallait bien respecter, les virgules, les points-virgules et les points… c’est ce qui donnait du sens à ces mots pleins de vérité. J’avoue que j’ai toujours versé une petite larme en le récitant… et je n’étais pas la seule, comme je le récitais souvent pour m’entraîner sur l’estrade devant toute la classe, les yeux de mes camarades et même ceux de l’institutrice étaient humides…!, il faut dire que je récitais ce poème comme ci je le vivais… et encore aujourd’hui, quand je le récite à mon fils, je ressens ce même pincement car ce poème m’a bouleversée pour toujours…! Je pense que cette poésie devrait être encore dans les programmes scolaires…!

  50. Potet

    dit :

    Je l’ai récité devant toute la classe et un professeur merveilleux. Après on m’a nommé l’élevé jacotot.

  51. Morosini Roselyne

    dit :

    Magnifique ce poème. Je l’ai récité lors de la commémoration annuelle du 11 Novembre en 2016.

  52. Anonyme

    dit :

    J’aime

  53. Anonyme

    dit :

    Joli pome

  54. NEZO

    dit :

    Beau poeme

  55. alain 72 ans

    dit :

    juste une larme qui venait de mon âme en le lisant.

  56. clo

    dit :

    C’est beau la vie et le poème fait monter en nous le désir de prendre dans ses bras ce tout jeune homme, de tenter désespérément de lui redonner un peu de souffle pour lui rendre la déchirante douceur de ce jour de printemps.

  57. Adebelloy

    dit :

    Wow, magnifique !

  58. javaux

    dit :

    Je ne vois pas l’amour d’un jeune avec un autre. J’ai dépassé en âge beaucoup d’âge et d’avoir appris ce poême, jeune, je le réapprends! Chaque mot simple est si bien dit…

  59. Lina

    dit :

    « C’est un très beau poème qui dit l’amour naissant d’un garçon pour un autre garçon…mais un amour impossible, tragique… »

    -> absolument pas…
    Ce poème dit l’horreur d’une jeunesse sacrifiée sur l’autel de la guerre. A l’âge où ce gamin devrait simplement pouvoir faire la sieste dans une clairière verdoyante, il est tombé sous les balles.

  60. Anthony.T

    dit :

    J’avais 11 ans quand je la récité pour tout de même décroché un 18,5/20. A tout les parents cela peut être vous aide. J’étais une tête de mule, et ma mère trouvé des signes à me montrer pour retenir les passages auquel j’avais un blocage. Aujourd’hui j’ai 21 ans et je vois à quel point ce texte est puissant. Je le trouve beau et triste mais à la fois complet et émotionnel. Comment ne pas se rappeler de ces moments qui sont si nostalgiques? Patience et courage aux jeunes. Et c’est là que je me dis pourquoi nous n’avons pas décortiqué ce texte ne serait-ce au collège. Afin d’avoir plus de vocabulaire. Bref bonne continuation à la jeunesse.

  61. Sophie

    dit :

    C’est un poème que mon frère avait appris, et je l’avais entendu, je devais avoir huit ans. J’étais très en colère, à cause de la chute, désespérée. Ce fut une réaction très violente que ma mère essaya de consoler. Je trouvais qu’il était anormal d’écrire des choses aussi cruelles. Depuis j’ai grandi, je suis professeur de lettres. Ce qui me semble évident , c’est l’immense force de ce sonnet. Qu’importe que Rimbaud eût été nationaliste, ce poème est universel.

  62. Fadette

    dit :

    J’ai mis longtemps à l’apprendre, car assez dificile. Mais je l’ai aime beaucoup, passionnement, et je l’aime toujours. L’école avait le don de nous faire aimer les belles choses.

  63. Pipototo

    dit :

    Je dois apprendre ce poème pour le collège (6ème) et il m énerve !

  64. Kooko

    dit :

    Super poème, tous les enfants devraient l’apprendre !

  65. Salma

    dit :

    J’aime bien ce poète,et j’ai bien aimé ce poème.

  66. Alain

    dit :

    C’est juste un poème écrit par un gosse qui succombe à la glorification de la défaite de 1870, qui était l’air du temps à l’époque. Il sublime la mort afin de rendre de la dignité au peuple de France… Arrêtez de le lire avec les yeux de notre temps. Il a été écrit en 1870 et le jeune Rimbaud n’a que 16 ans, son esprit est baigné par le nationalisme ambiant. C’est le reflet de la pensée des adultes dans le miroir de l’immaturité infantile… Et une prouesse technique… rien d’autre

  67. Isalys

    dit :

    Ce poème est magnifique! Il est d’une beauté à couper le souffle! Saisissant!

  68. Pierre

    dit :

    C’est un très beau poème qui dit l’amour naissant d’un garçon pour un autre garçon…mais un amour impossible, tragique…

  69. Corentin

    dit :

    Trop cool ce poème d’Arthur Rimbaud

  70. Carland

    dit :

    @ GNIVO Claver
    Faut-il comprendre le sens profond d’un poème pour l’aimer ? Sinon Stalker en donne une bonne définition. Pour moi qui l’ai lu à l’école, il reste un poème violemment anti militariste. Un poème qui nous embarque dans le monde verdoyant de la jeunesse fauchée en deux trous rouges. Je dis ça, je dis rien. Seul Rimbaud pourrait en donner le sens !

  71. F. Scott

    dit :

    Ce poème est puissant en émotion, parce qu’il révèle l’innocence de l’enfance devant la mort, mais il réveil la conscience de l’adulte devant la peur de celle-ci, d’autant plus quand elle vous fauche de manière brutale en pleine jeunesse.

  72. Pierre

    dit :

    En réponse à Aimé Célestin LUMBU LAILAY BUSH, ce doit être le dormeur du val récité avant l’interprétation du déserteur par Serge Reggiani.

  73. élève de mbele

    dit :

    J’ai beaucoup aimé ce poème

  74. Jean Michel Orliac

    dit :

    Emmouvant, trop beau et triste à la fois.

  75. Grégory Ortega Nicaise

    dit :

    C’est, de mon point de vue, le plus magistral poème qui ait jamais été écrit. Bien sûr, la puissance évocatrice enivrante. Mais aussi une utilisation extraordinaire du rythme. En première strophe le rythme est paisible, comme les yeux divaguant sur un paysage féerique, puis quand le focus se fait sur le soldat, il se saccade avec les virgules pour donner comme l illusion d’une vie, d’une respiration. Ce poème n’a pas d’égal de mon point de vue. En terme de puissance évocatrice, seul Apollinaire parvient à égaler à mon sens, dans poèmes à Lou. Le Dormeur du Val est dans mon cœur et bientôt sera tatoué par dessus. Il traverse les siècles sans perdre aucune de ses substances. Si l’on devait donner une définition au génie…

  76. Natcha

    dit :

    Merveilleux et presque unique souvenir poétique de mon enfance.

  77. Delzenne martin

    dit :

    Je l’ai récité plusieurs fois et j’ai même obtenu un prix d’excellence à un concours dans les années 50

  78. daniel marchal

    dit :

    J’aime ce poéme, notre institutrice me l’avait fait réciter au monument aux Morts de mon petit village en 1956 ou 57. Nous l’avions beaucoup travaillé par rapport aux rimes.

  79. AM

    dit :

    Beaucoup d’émotions remontent à la surface car lors de mes 9 ans j’ai été choisi par mon institeur pour réciter cette poésie devant la municipalité de ma commune et mon grand père était présent lors de la cérémonie du 11 Novembre. Cela fut un honneur et une grande fierté. Mon grand père était lui aussi très fier de moi.

  80. le broyeur

    dit :

    J’adore ce poème, il est beau.

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