Oripeaux

Alix Lerman Enriquez

Sur ma terrasse, j’ai tendu un fil d’Ariane
pour accrocher mon linge bariolé.
Les habits colorés flottaient au vent
comme des voiles de bateaux en partance.

Voiles pétries de soleil
et des souvenirs des jours heureux
maculés de toute la lumière du midi.

J’ai étendu le linge de mon passé
avec la nostalgie de ma Provence,
des chardons de garrigue, des aloès
des champs de lavande violette,

avec, en tête, l’étendue de la mer
dont l’écume plissée me rappelait
la mousse sur ma tasse de café
au petit matin des jours bleus,

me rappelait les dunes de sable
comme des toiles tendues de soleil
qui riaient insouciantes
sous la tramontane,

comme mes vêtements bariolés
qui dansent, frétillent
sous le vent du midi et dans le jour marin
comme les derniers oripeaux de mon passé.

Alix Lerman Enriquez

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