Voeu

Paul Verlaine

Ah ! les oaristys ! les premières maîtresses !
L’or des cheveux, l’azur des yeux, la fleur des chairs,
Et puis, parmi l’odeur des corps jeunes et chers,
La spontanéité craintive des caresses !

Sont-elles assez loin toutes ces allégresses
Et toutes ces candeurs ! Hélas ! toutes devers
Le printemps des regrets ont fui les noirs hivers
De mes ennuis, de mes dégoûts, de mes détresses !

Si que me voilà seul à présent, morne et seul,
Morne et désespéré, plus glacé qu’un aïeul,
Et tel qu’un orphelin pauvre sans sœur aînée.

Ô la femme à l’amour câlin et réchauffant,
Douce, pensive et brune, et jamais étonnée,
Et qui parfois vous baise au front, comme un enfant !

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

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7 commentaires sur “Voeu”

  1. Lisa

    dit :

    Est ce qu’il parle de la mélancolie ?

  2. roulette russe

    dit :

    Très touchant

  3. Zemman

    dit :

    La forme la plus complète de la Solitude.

  4. sausaure

    dit :

    Bonjour, je voudrais savoir si ce poème est bien sur le thème de la solitude, de l’éxil.

  5. Licornitude

    dit :

    Est ce que ce poème est nostalgique ?

  6. amy

    dit :

    bonjour ! avez vous trouvé quelques choses? si oui je suis intéressée svp ? merci d’avance

  7. oleh

    dit :

    moi aussi, pour demain –‘

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