Océane

Villebramar

« lo único que existe es lo que nombro: un cuerpo y otro
y el aire de verano.
Cuando no sople más, quedará a vista la tierra y el mundo tal cual es.
Sin caricias.
la seule chose qui existe est ce que je nomme : un corps et un autre
et l’air de l’été.
Quand il cessera de souffler, on ne verra que la terre
et le monde tel qu’il est.
Sans tendresse. »

Tatiana Oroño

Amie, guéris-moi du siècle.
Bombes sur Hanoï.
Dien Bien Phu.*

Amie, guéris-moi du temps des plages
de l’été cinquante-quatre,

dis-moi que jamais tu n’entendis parler
de Stalingrad, d’Okinawa, d’Omaha Beach
ni des massacres de Canton.
Des blanches ruelles de la bataille d’Alger.
Du crime ineffaçable, Hiroshima mon amour.
Ni du mystère sauvage des Illuminés de Dieu.

Guéris-moi des Noces de Sang.

Vois comme l’océan est paisible,
léger le vol des mouettes,
et doux le sable blond où nous dormons.

Amie, guéris-moi des blessures du corps,
donne-moi le miel de ton ventre,
le profond de ta forêt.

Montre-moi le regard
d’un garçon aux boucles brunes,
dis-lui combien vaste est le monde,
hardies les Caravelles.

Amour, guéris-moi du monde.

Donne-moi le miel de ton ventre,
le profond de ta forêt.

Villebramar, 2017

*Note de lecture : le lecteur remplacera à sa guise Hanoï et Dien Bien Phu par tout autre nom de lieu
choisi dans l’actualité du jour.

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