Quand le soleil

Richard Taillefer

Quand le soleil à l’oblique éclaire son visage, le laboureur tout à son champ, guette appuyée sur son bâton, l’immensité du monde et soupire longuement. De temps à autre, des aboiements de chien résonnent au loin. Solitaire, toujours ! Sa frêle silhouette se confond peu à peu, à ce chemin de terre qui porte depuis si longtemps l’empreinte de ses pas. Seuls son corps et son ombre gigantesque jouent ensemble au rythme d’une vieille chanson occitane. Un jeune garçon, un enfant du village l’aperçoit, l’homme ôte alors son capèu et renoue une dernière fois son turban de soie.

A l’étroit
dans mon petit jardin de banlieue
Je m’en vais vagabondant
Lourd de pensées muettes

« La vie nous donne trop ou bien trop peu »

Richard Taillefer, Textes extraits du manuscrit « Ce petit trou d’air au fond de la poche »

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