Ballade des pendus

François Villon

Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

François Villon, Poésies diverses

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63 commentaires sur “Ballade des pendus”

  1. Charpentier

    dit :

    La Ballade des pendus, je ne l’ai pas étudié à l’éducation nationale. Elle s’est assez tôt passée de ma présence, dyslexie oblige.

    C’est Léo Ferré qui en à fait une adaptation. Tout comme lui je suis non croyant et pourtant ces vers résonnent depuis presque 40 ans (enfin je crois) comme un hymne à l’empathie, à l’autre à chacun à l’individu. Priez les hommes (et les femmes) que tous nous veuillent absoudre.

  2. jean-p86

    dit :

    Dieu en aura, aura plus tôt de vous, mercis.

  3. rochagne

    dit :

    En 1966, Maurice Fanon (L’Echarpe, La petite Juive, Jean-Marie de Pantin, Paris-Cayenne, etc…)
    chantait dans « Alleluia »:

    « Pour qu’ils entendent enfin les cons
    Qu’ont modernisé Montfaucon
    Pour qu’ils entendent enfin les cons
    La chanson de Villon »

    puis

    « Pour qu’il repousse le houblon
    Dans les yeux de François Villon »

  4. Chenuil Siria

    dit :

    Merci pour ce magnifique poème que j’ai étudié il y a plus de 65 ans… Merci à Lucenthos pour avoir pris la peine de partager ses recherches qui m’ont éclairée et enrichi le texte. J’en profite pour faire savoir à Monsieur François Alexandre que la forme la plus « correcte » est bien « malgré qu’il est » (+ indicatif). « Malgré qu’il soit » a fini par être toléré (voir Grévisse). Par contre « si peu de mot » prend un S à motS que vous avez oublié.

  5. lucenthos

    dit :

    Comme le laisse entendre l’introduction de mon commentaire sur cette fameuse ballade, j’ai écrit celui-ci (ainsi que d’autres sur ce site), notamment en direction d’élèves de Lycées ou Collèges qui cherchent parfois ici des éclaircissements à certains textes poétiques qui les rebutent. Mon intention étant de les aider en leur apportant par l’exemple quelques éléments d’appréciation. Leur avis serait bienvenu s’il est sincère, en sachant que je ne polémique pas et que l’on ne s’élève pas soi même en rabaissant l’autre même si l’on ne partage pas son point de vue.

  6. Quechosso Alberto

    dit :

    Si vous aimez François Villon et son univers, après Teulé, lisez donc le roman licencieux « Le manuscrit trouvé à Pau », édité chez ArHsens Éditions.

  7. Jérôme

    dit :

    @powerfix54 et @batman
    Merci à vous d’étaler votre indigence intellectuelle afin de montrer à tous combien Albert Einstein avait raison lorsqu’il affirmait que la bêtise humaine est infinie comme l’univers !

  8. lucenthos

    dit :

    En parcourant les poèmes publiés sur ce site, je lis aussi les commentaires des lectrices et lecteurs et j’apprécie les différents regards que l’ont peut avoir sur ces textes. C’est comme un échange silencieux entre amateurs de poésie. Je me réjouis de voir que beaucoup aiment ces poèmes et émettent à leur sujet des points de vue pertinents. Je relève aussi, parfois des remarques un peu désabusées venant de collégien(ne)s ou lycéen(ne)s qui semblent découragé(e)s par la difficulté apparente d’un texte. Chacun a évidemment le droit d’exprimer ce qu’il ressent mais c’est dommage de passer à côté d’un beau texte qui aurait pu apporter une satisfaction très réelle. J’avoue que pour cela il faut être patient car une première lecture, ou même une deuxième, ne suffit pas toujours pour percevoir ce qu’il peut y avoir d’intéressant dans un texte poétique. Personnellement je ne me sers d’aucune technique d’analyse ou de commentaire de texte tels que celles pratiquées, sans doute à juste titre, dans les établissements scolaires et qui insistent beaucoup sur la forme qui traduit le sens, avec les figures de style aux noms barbares, les structures du genre, les « champs lexicaux », etc. Mes commentaires sont libres, ils expriment ce que je ressens après plusieurs lectures attentives, à la lumière de ce que je connais sur un auteur et si je le connais mal, je cherche dans des livres ou sur internet les renseignements qui peuvent éclairer ma lecture. Ceci dit, j’ai voulu approfondir le sens de cette fameuse Ballade des pendus et voilà ce que cette magnifique poésie m’inspire :

    Le paradoxe de ce poème de François Villon est que le poète donne la parole à des êtres supposés morts alors qu’il est lui-même en prison, condamné à être pendu pour avoir tué un religieux au cours d’une bagarre. Il fait parler des disparus qui parlent aussi pour lui…

    La description du gibet, avec ses cadavres qui pendent au bout d’une corde, est un spectacle affligeant et tout le talent de François Villon consiste à rendre cette misérable exhibition bien présente. On ne peut éluder cette sinistre scène parce qu’elle nous interpelle à double titre : elle focalise l’attention sur la cruauté d’une peine capitale devenue pour nous discutable en son essence et renvoie, en miroir, à la réalité de la mort qui concerne tous les êtres humains. Pour exprimer son appel aux vivants, Villon utilise la forme de la ballade, genre poétique commun du lyrisme médiéval, qui va de pair avec la musique et la danse mais, si danse il y a, elle est évidemment ici fort macabre.

    Dans ce poème, Villon apparaît d’abord comme le porte-parole des condamnés à la pendaison, puis celui de tout condamné à mort et, à partir de là, il prend à partie tous les hommes invités à méditer sur leur propre condition de mortels.

    Sans doute aussi ce texte, que nous supposons sincère et peut être écrit dans l’urgence à la veille d’une exécution, visait-il également, par la repentance et la supplication, à amadouer le pouvoir judiciaire et à susciter son indulgence. La manière de solliciter la bienveillance est certainement mue par des émotions vraies, la peur de la mort et l’appréhension des tourments post-mortem. Elle n’en est pas moins habile dans sa rhétorique avec l’utilisation de la figure de style appelée prosopopée qui, faisant parler les morts, donne à cette sollicitation un caractère plus poignant.

    Au début de la première strophe, l’expression « Frères humains » inaugure avec un sentiment cordial cet art de solliciter la mansuétude des uns et des autres. Celle des concitoyens d’abord qui, d’entrée de jeu, sont amenés à voir les corps des pendus exposés aux regards de tous. Il ne faut pas oublier que, jusqu’à une époque relativement récente, les exécutions publiques avaient pour but d’être exemplaires et dissuasives à l’intention de ceux qui pouvaient être tentés d’enfreindre les lois. Néanmoins un certain public, gens du peuple, passants, badauds, devaient à la fois se rassurer à la vue de supposés criminels disparus, s’effrayer devant l’horrible spectacle et, pour certains, se repaître de ces scènes infâmes. Or, dès le début, Villon tente d’attirer la compassion de tous ceux qui voudraient fustiger les coupables, même morts et réduits à l’état de cadavres ou à se satisfaire de leur châtiment qu’ils jugent mérité, d’où ce deuxième vers qui fait appel à de meilleurs sentiments.

    « N’ayez les cœurs contre nous endurcis »

    En même temps que cette exhortation, le maître rimailleur ne se contente pas de rester sur le registre émotionnel, il rappelle le bien-fondé de la morale religieuse qui gouverne les mœurs de l’époque :

    « Car, si pitié de nous pauvres avez,
    Dieu en aura plus tôt de vous mercis ».

    C’est le principe qui gouverne tout l’aspect moral de ce texte en résonance directe avec la prière chrétienne par excellence : «… Pardonne-nous nos offenses comme nous parvenons à ceux qui nous ont offensés… ». Pardonner à ses ennemis entraîne l’indulgence, les « mercis ». Il s’agit bien là de la rétribution des bons sentiments et des bonnes actions valorisés par la foi chrétienne au moyen-âge. Cependant en rappelant du même coup ses semblables à la radicale faiblesse humaine, autrement dit à leur état de péché originel, Villon estompe ce qui pourrait différencier fondamentalement les condamnés jugés coupables des autres hommes qui, sans être fautifs, ne sont pas pour autant irréprochables et auront besoin à leur tour, et en retour de leur indulgence, du pardon divin. C’est ce qui est sous entendu dans le vers :

    « Dieu en aura plus tôt de vous mercis »

    Pourquoi en effet, dans ce cadre chrétien, Dieu devrait-il accorder son pardon aux autres hommes sinon parce qu’ils sont marqués par une tare originaire, constitutive de la nature humaine, qui les conduit à fauter !

    Après cette exhortation des quatre premiers vers, c’est l’évocation réaliste du gibet, Les pendus sont un certain nombre, « cinq, six, » peut-être plus, en ce temps-là on ne compte pas les exécutions. Villon se fait ici le porte-parole de tous les condamnés et pas seulement de lui-même, ce qui donne à son intervention un caractère encore plus humain.
    En fait, qui parle exactement ? Quel est le visage des pendus dans l’imaginaire de cette prosopopée ? Il n’y en a pas. La chair a pratiquement disparu, les cadavres sont méconnaissables, non identifiables. Des exécutés sans sépultures, il ne reste au bout de quelque temps que des lambeaux de peau et les os. Ce sont donc les os qui parlent.

    « Et nous, les os, devenons cendre et poudre ».

    Curieusement donc Villon fait ici parler les squelettes des condamnés et encore ce sont des squelettes qui vont se désagréger. Il est bien certain que s’il avait voulu faire parler l’esprit ou l’âme des trépassés, c’eût été peut-être moins convaincant car plus abstrait, plus insaisissable, alors que l’’aspect à la fois répugnant et effrayant des cadavres est plus parlant et ne prête pas à rire :

    « De notre mal personne ne s’en rie » Pourquoi ?

    Parce que tout le monde peut se sentir concerné par l’inquiétant « spectacle » du gibet rappelant à chacun qu’il est aussi mortel, d’où la finale de la première strophe qui sera aussi celle des suivantes :

    « Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ».

    Le pronom « tous » désigne certes les pendus, dont on ne compte pas le nombre, mais les vivants aussi, puisque pour l’homme médiéval, nous sommes « tous » dans le même bain de corruptibilité, celle du corps voué tôt ou tard à la disparition et celle de l’âme toujours pécheresse. C’est pourquoi ce dernier vers qui invite à une prière de repentance, prend un caractère quasi universel.

    La deuxième strophe est plus argumentative et la description du gibet reprendra à la troisième comme pour remobiliser l’émotion.
    Dans ce passage donc Villon interpelle son public. Les enjambements brisent le rythme poétique qui s’adressait plus à la sensibilité alors que là il est plutôt fait appel au raisonnement. À l’aide des conjonctions « si », « quoique » et de l’adverbe « toutefois », il semble réclamer habilement un peu plus de considération de la part de ceux qui n’auraient que trop tendance à mépriser les cadavres des condamnés, même si cette condamnation relève d’un jugement qui peut paraître théoriquement équitable et suivi d’une condamnation qui semble méritée :

    « Quoique fûmes occis par justice ». Par justice ? En quel sens ?

    En réalité le « toutefois » amorce une réserve sérieuse. Si tous les hommes, sous-entendu même les juges, « n’ont pas bon sens rassis », c’est-à-dire n’ont pas un jugement infaillible, il faut relativiser la sentence est donc réviser la culpabilité des condamnés.

    Après cette plaidoirie qui vise à atténuer la gravité des fautes sanctionnées en créant une certaine ambigüité entre la reconnaissance du jugement (quoi que fûmes occis par justice) et l’insinuation qu’il aurait pu y avoir erreur judiciaire, au bout du compte c’est la justice humaine qui est elle-même relativisée pour laisser place à la seule justice qui soit vraiment équitable aux yeux du repentant, c’est-à-dire la justice divine. La demande d’intercession qui suit semble alors bien plus recevable. Il faut préciser que l’expression « Excusez-nous » ne s’adresse pas aux hommes interpellés, bien que Villon ait, au début du poème, sollicité leur pitié, en fait il reste fier dans ses sollicitations, ce qu’il demande à ses semblables c’est d’intercéder favorablement par la prière auprès du juge divin afin d’obtenir la grâce qui peut s’en suivre.
    Ensuite l’accent est mis sur un châtiment qui, aux yeux des médiévaux, peut paraître encore plus terrible que les plus horribles châtiments humains, celui de « l’infernale foudre », c’est-à-dire de la damnation et de la souffrance éternelles en Enfer, lieu supposé recevoir les âmes des êtres qui ont pactisé avec le mal durant leur vie terrestre. Or si les morts ne connaissent plus de tourments de la part des autres hommes « âme ne nous harie », cette hantise de l’Enfer ne peut être abolie que grâce aux prières propitiatoires qui implorent le pardon divin.

    Après cette plaidoirie suivie d’une demande d’intercession, dans la troisième strophe Villon reprend la description des pendus. Toujours de manière réaliste mais il y ajoute une sorte d’humour macabre qui d’ailleurs, loin d’en affaiblir la portée contribue à la force persuasive de ce poème de façon très subtile. À l’horreur est mêlée une sorte d’autodérision qui concerne à la fois les pendus qui sont censés prendre la parole mais aussi, derrière le rideau, le poète lui-même dans la situation pitoyable où il se trouve, celle du condamné qui attend dans son cachot le signal de l’exécution.

    Dans les quatre premiers vers de cette dernière strophe, ce sont les éléments eux-mêmes (pluie, soleil, vent) qui torturent les morts comme si la nature elle-même leur devenait hostile. Avec les oiseaux (pies et corbeaux) s’acharnant sur les restes des morts, le grotesque se mêle au pitoyable. « Les yeux cavés » est une image de cauchemar ensuite on imagine ces oiseaux noirs tirant les poils des morts comme quelque chose d’insupportable même si en principe les trépassés ne sentent plus rien. Villon introduit des détails grotesques propres à provoquer l’épouvante mais en même temps aussi, et c’est là sa malicieuse subtilité, un brin d’hilarité.

    Les quatre vers qui suivent, nous montrent plus particulièrement l’action du vent qui met en mouvement ces êtres immobiles et pendants, leur donnant véritablement une allure de danse macabre comme dans certains rites pratiqués à cette époque dans les cimetières et qui mêlaient la frayeur et le rire dans une association détonante. En regardant de plus près cette situation dérisoire avec ces pauvres cadavres ballottés par le vent, on pourrait être pris de rire voire de ce fou rire qui peut s’emparer de l’esprit même dans des conditions les plus dramatiques, d’autant plus que le premier de ces quatre vers y invite littéralement malgré la gravité du tableau :
    « Jamais nul temps nous ne sommes assis » !

    Voilà bien un vers inattendu, presque comique, qui lui aussi détonne dans le cadre du drame. Cela ressemble à un trait d’humour noir susceptible de déclencher au moins un sourire de complaisance. Villon se permet ici de mêler, en passant, une boutade qui est bien dans l’esprit de la danse macabre. Mais cela participe aussi de sa rhétorique orientée vers la sollicitation de la grâce. Quant à l’image des os et des lambeaux de peau troués par les coups de bec répétés et comparés à des « dés à coudre », peut-être s’agit-il d’une réminiscence parlante de la confrérie à laquelle était censé appartenir Villon et qui était celle de mercelots ou merciers. Il faut dire que ce genre de traits est assez fréquent dans les ballades à l’adresse des Grands afin de les dérider et de gagner ainsi en sympathie. Faire rire ou sourire, sans avoir l’air d’y toucher, est censé rendre l’interlocuteur, ou le lecteur, plus indulgent Au siècle suivant, Clément Marot utilisera ce genre de subterfuge dans ses missives poétiques au roi pour être délivré de prison.

    Et pour finir, Villon fait une concession aux hommes qu’il vient d’interpeller :

    « Ne soyez donc de notre confrérie ; »

    Autrement dit ne faites pas comme nous, restez dans vos bons sentiments et vos bonnes mœurs. Mais, sans doute, le terme « confrérie » a-t-il ici un sens plus général que celui de corporation de métiers, il désigne plutôt ce monde obscur des marginaux contestataires et asociaux et qui prennent de la distance avec les lois en vigueur et la moralité en usage. Une troisième fois cependant, après avoir reconnu que lui et ses coaccusés font bien partie de cette catégorie d’individus pas très recommandables, il redemande à ses contemporains la prière d’intercession. Le pathétique demeure et est renforcé par cette insistance rythmique qui donne au poème un caractère de psalmodie.

    Enfin dans l’envoi, abandonnant tout recours aux humains et témoignant aux yeux de tous de sa foi chrétienne en dépit de ses charges, Villon s’adresse au seul juge qui soit, afin d’être préservé du châtiment éternel redouté et dans une dernière interpellation à l’adresse des hommes en général, redevenant grave, il les rappelle au sérieux de la situation, c’est le moins qu’on puisse dire : « hommes, ici n’a point de moquerie » on est à nouveau loin du rire

    La ballade s’achève par la répétition, une quatrième fois, de la demande initiale, celle de prier pour le pardon, prière derrière laquelle s’inscrit en filigrane un appel soutenu aux autorités de tutelle qui, au siècle de François Villon, avaient pouvoir de vie et de mort sur les gens, ceci sans doute afin d’émouvoir le prince et espérer être gracié.

    Méditation sur la peine de mort et matière à réflexion sur la terrible condition des condamnés. Du fond du moyen-âge le spectre de la mort se manifeste dans ce poème particulièrement émouvant si nous considérons que ce sont les dernières paroles d’un condamné à mort. En même temps on ne peut qu’apprécier l’art subtil du poète François de Montcorbin, dit Villon, dans ses intentions de solliciter la compréhension de ses semblables et l’indulgence des juges et la façon originale de les exprimer avec une grande finesse d’esprit. En réalité il ne sera pas exécuté mais gracié quoiqu’ exilé de Paris. Le texte garde aussi une valeur de référence pour toute méditation sur la condition humaine dans laquelle l’homme oublie trop souvent qu’il est mortel et fait comme si la mort ne le concernait pas…

  9. awazi

    dit :

    Ce poème, je l’ai étudié en 5eme des Humanités littéraires quand j’étais gamin.

  10. GARDE Annie

    dit :

    J’ai étudié ce poème en 6eme ou 5eme : il faisait parti des indispensables de la collection « Lagarde et Michard ». A cette époque on apprenait le littérature française chronologiquement !

  11. Jano

    dit :

    Georges Brassens disait « Ma dernière parole soit quelques vers de Maître François». C’est dans la chanson le moyenâgeux : une merveille !

  12. Catherine Redmond

    dit :

    Magnifique poème, qui est d’une beauté stupéfiante. Il nous déchire le coeur, par sa dureté et son désespoir. Je ne l’ai pas encore vu au collège, mais j’essaie déjà de l’apprendre. Aujourd’hui peu de personnes veulent encore se faire pardonner et peu crient « à l’aide » vers Dieu. « Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! »

  13. Frans

    dit :

    Vu dans mes humanités comme jeune homme, poème impressionnant ! J’aurai 77 cet été

  14. Emmanuel gamoyeni

    dit :

    C’est vraiment beau!

  15. Sang Doux Roberto

    dit :

    Je suis ravis de lire ce poème un témoin oculaire de l’évolution des langues humaines. Besoin de redimensionner les anciens ouvrages y compris la BibLe.

  16. Louis Mesilas Yvane

    dit :

    Ce pœme est vraiment magnifique. Merci beaucoup. Belle leçon afin de conquerir le pœme au Moyen âge.

  17. Regis Jennifer

    dit :

    Merci, ce poème est vraiment beau

  18. RENY REBY

    dit :

    J’adore ce poeme il est tellement beau. Merci poetica

  19. Bernard B

    dit :

    Suite de mon post: l’Académie Française n’est créée qu’en 1635…

  20. Bernard B

    dit :

    Bonjour, à celles et ceux qui commentent sur la grammaire oublient qu’à la fin du 15eme siècle, la langue française n’est pas fixée ou figée…

  21. Legallais

    dit :

    Bonjour, même si le commentaire est quelque peu… On peut lui laisser le crédit d’avoir lu ou tenté de lire cet émouvant poème. Frères humains soyons généreux.

  22. François Alexandre

    dit :

    @ Depaul mena
    « Malgré qu’il est archaïque »
    Autant d’inepties en si peu de mot, bravo! Votre prose est le symbole magistral des erreurs grammaticales les plus rudimentaires. Félicitations.

  23. Brice Fangeat

    dit :

    Mais que diable, comme le dit Patrice, lisez donc Teulé et surtout, pour les récalcitrants de la lecture, ignare de la littérature, alors, écoutez donc Ferré chanter son magnifique Frères Humains, l’amour n’a pas d’âge, de grâce, écoutez et laissez-vous donc emporter.

  24. Monique

    dit :

    Powerfix54, commentaire vulgaire et grossier.

  25. Depaul mena

    dit :

    J’aime bien ce poème. Malgré qu’il est archaïque, ça me rappelle quelque chose.

  26. Olivier Leclere

    dit :

    Une splendeur qui plonge au fond de la misère humaine pour en sortir de l’or. Merci François Villon. Éternel François, notre semblable, notre frère…

  27. Le docteur angélique

    dit :

    Très cool…

  28. Frenchmetal

    dit :

    Commenter me semble si vain que je n’ose. C’est un poème indispensable, d’une modernité éblouissante, malgré la langue et le style surannés. Essayez donc de comprendre Baudelaire, Prévert ou même les « artistes mineurs » que sont Gainsbourg ou Renaud sans avoir lu Villon…

  29. Marie Des Sables

    dit :

    N’ayez contre nous les coeurs endurcis…
    La poésie sauvera nos âmes de l’oubli

  30. Léonard

    dit :

    J’accueille actuellement un migrant afghan, depuis 6 mois en France et chez moi. Il aime la poésie. On est passé par Charles Treinet, par Aragon, par Victor Hugo, par Michel Leiris, par Jacques Prévert… aujourd’hui par Villon chanté par Ferré… c’est comme cela qu’il apprend le français, une langue difficile mais qu’il trouve tellement belle. Il me répond par des poèmes arabes… auxquels je ne comprend rien mais qui ont une telle musicalité… Ainsi, un peu d’âme tous les jours.

  31. Nave

    dit :

    J’ai aujourd’hui 80 ans et je me souviens très bien. Frères humains qui après nous vivez…

  32. LABY LOUIS

    dit :

    Vaut mieux pas trop croire en dieu parce que si il y a un paradis il y a un enfer et il va y avoir du monde…

  33. Jean Pierre Moreau

    dit :

    Une musique magique… comme un envoûtement… venu du fond des Âges…

  34. Chatelain

    dit :

    Et de quoi tu as « à foutre » ? Uniquement du présent où on ne doit surtout pas se prendre la tête ? N’as-tu pas compris que tu fais partie d’une chaîne, avec des ascendants et des descendants ? Si c’est à ça que se limite ta place dans la vie, c’est triste. Et si tu fais des études, arrête, ça ne te servira à rien.

  35. powerfix54

    dit :

    C’est vraiment de la merde, on en a rien à foutre de ces poèmes du moyen-age qu’on est obligé d’apprendre en cours.

  36. batman

    dit :

    Je connaissais pas avant et ça aurait dû rester comme ça

  37. Jasan mutentu

    dit :

    Un poème qui me donne la force et la détermination du lecture. Mais! Difficile à lire et à comprendre sans explication.

  38. Césaire odimba

    dit :

    La ballade de pendus fait partie des chefs d’oeuvre universel, il est quasi impossible de l’oublier une fois qu’on l’a appris. Truffés des richesses littéraires, ce poème séculier demeurera encore longtemps dans nos cerveaux.

  39. Mulumba

    dit :

    C’est un poème qui est toujours d’actualité. D abord c’est mon grand frère Pierre qui le recitait dans les années 90 et quelques années plus tard je l’ai etudié au Collège Saint Jean Baptiste de Mbujimayi en Republique Democratique du Congo et aujourd’hui je le recite à mes filles.

  40. Benoît Grandjacques

    dit :

    Ce poème prend quelques rides : y aura-t-il des frères humains qui après nous vivront le réchauffement climatique ? Dans ce cas, si nous croyons, prions Dieu que tous nous veuillent absoudre…

  41. Patrice

    dit :

    Je suis fan de François Villon que je traduis des textes originaux. Mais pour votre plaisir, lisez « Je, François » Villon de Jean Teule. Un florilège de la littérature !

  42. Bernard

    dit :

    Il est lourd

  43. Marcolina

    dit :

    Natacha, que tout aille bien pour vous dans votre examen oral. Permettez-moi de faire une petite correction: j’espère tomber et non pas j’espère tombé. Quand deux verbes se suivent, le deuxième se met à l’infinitif. Ainsi vous direz: j’espère mettre et non pas j’espère mis

  44. Natacha

    dit :

    Ce poème fait parti des textes que je dois analyser pour l’oral de français session 2018-2019; j’espère tombé sur lui!

  45. frederic

    dit :

    Un camarade qui était derrière moi en classe, m’a lu ce poème lors d’une étude surveillée, alors que j’étais en pension. J’avais quatorze ans . Je m’en souviens encore . Cet ami s’appelait Paul.

  46. Cosoleto

    dit :

    J’ai écouté plusieurs versions : Léo ferré, Regiani, Bernard Lavilliers. Celle que je préfère est celle de Gérald Robert.

  47. Anne Marie

    dit :

    J’ai appris ce poème lorsque j’avais 15ans je ne l’ai toujours pas oublié. Il a marqué mon adolescence. J’aime le texte la musique des mots ainsi que François Villon.

  48. BAUMCHEN

    dit :

    J’ai appris ce poème lorsque j’étais au lycée. C’était le temps où l’éducation nationale faisait son « boulot ». Cette institution nous donnait un bagage. J’aime la poésie.

  49. Valérie

    dit :

    Ce magnifique poème est chanté dans le film Un singe sur le dos: un beau moment d’émotion.

  50. Phacochère KABWE

    dit :

    J’ai me souviens de ce poème que nous avons appris en 1998 .

  51. Bal

    dit :

    Je l’ai entendue dite par Reggiani. Pas mal, mais il est trop académique. Il a une voix magnifique, mais une respiration, une cadence trop prévisible. Par exemple, au début : « frères humains qui après nous vivez, n’ayez les cœurs contre nous endurcis, car, si pitié de nous pauvres avez … etc », Reggiani marque un arrêt entre endurcis et car. C’est certes écrit, mais en fait, s’il s’arrête après endurcis, on est aussi arrêté, on a compris, on s’en va (notre esprit s’en va), on part se coucher, tout semble dit, le mystère de la suite s’éloigne. Il faut enchaîner endurci et car, puis marquer un temps d’arrêt pour tenir l’auditeur en haleine. On veut savoir l’explication après le car, on revient sur le début avec l’envie de savoir la suite. On est retenu, même par notre souffle associé à celui du déclamateur, du pendu (comme s’il en avait encore un au delà de son dernier, ce qui le rend éternel). Essayer de dire le poème avec un rythme différent, votre respiration signifie tant de choses. Comme en musique, après la note, le silence est toujours de la musique, en poésie, après le mot, la respiration est toujours de la poésie…

  52. joseph

    dit :

    J’ai toujours été content et heureux de ce beau poème. Que j’ai appris en 1997 via mon prefet d’etude à l’institut Sifa à Kolwezi une ville de la province du Lwalaba en R D C.

  53. cilia

    dit :

    Moi, c’etait au lycée de Muret (31) dans les années 60… Remerciements, à titre posthume, au professeur qui a eu l’initiative de faire apprendre ce texte…intemporel.

  54. Paul Ozilou

    dit :

    Comme d’autres youtubeurs j’ai appris par cœur ce magnifique poème il y a près de 65 ans au lycée Bugeaud d’Alger. Bien que très macabre, je le trouve très beau et je peux encore le réciter sans difficulté.

  55. Paloma

    dit :

    Pour ceux que ça intéresse, je l’ai étudié au lycée il y a 4 ans, ce poème est toujours d’actualité !

  56. Guillermain

    dit :

    Moi aussi je l’ai apprise il y a 65 ans, je l’ai dit maintes fois à mes filles ! Et bientôt à mon petit fils !

  57. une ancienne

    dit :

    C’est ce que nous apprenait l’Education Nationale il y a un demi siècle. J’étais gamine et je l’ai appris par cœur.
    Quand est-il maintenant ?

  58. Strebler.annie

    dit :

    Une merveille de poèmes et un prince de la poésie.

  59. Car christian

    dit :

    Le réalisme de Villon rend magnifiquement le sort de ces condamnés autant que celui de leurs corps. Les vers font sentir le vent auquel ils sont livrés comme de vulgaires marionettes sans aucun respect. Le poème n’a pas pris une ride en effet. On retrouve differemment ce survol de la condition humaine bien plus tard chez Malraux. Intemporel.

  60. Mike

    dit :

    L’expression de la Charité toute entière, magnifique.

  61. pierre

    dit :

    Un grand silence de respect !

  62. Kenny Jean Michel

    dit :

    C’est un merveil! c’est tout ce que je trouve à dire

  63. Sylvain FOULQUIER

    dit :

    La ballade des pendus fait partie des chefs-d’œuvre de la poésie universelle et, même si François Villon n’avait écrit que cela, il serait l’un des plus grands. Ce poème sublime et bouleversant n’a pas pris une ride, contrairement aux oeuvres de poètes plus récents (par exemple Ronsard, Byron, Lamartine, Goethe etc…) qui ont très mal vieilli. Chef-d’oeuvre universel et intemporel, il a traversé et continuera de traverser les âges.

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