Soir d’hiver

Emile Nelligan

Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j’ai, que j’ai !

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire : Où vis-je ? Où vais-je ?
Tous ses espoirs gisent gelés :
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À tout l’ennui que j’ai, que j’ai !…

Emile Nelligan
Œuvres poétiques complètes I : Poésies complètes 1896-1941

Imprimer ce poème

6 commentaires sur “Soir d’hiver”

  1. Jin-Seok

    dit :

    @Handup Lamentable! la douleur que j’ai de l’écouter! Va te coucher! Quelle honte, de massacrer pareil bijou!

  2. Handup

    dit :

    Vous pouvez l’écouter alors qu’il est récité de magnifique, simple et pourtant étonnante façon par un jeune étudiant. C’est ici.

  3. Bérésinistre

    dit :

    J’adore! Clairement mon poème préféré.

  4. Andréa Madran

    dit :

    Ce poème est vraiment le plus beau, et remplie d’une écriture doué d’une grande richesse.

  5. Monica Daoulova

    dit :

    Je connais ce poème par coeur et je l’ai fait connaître à mes cousins d’Europe. Février me semble le mois le plus propice pour le réciter : «Pleurez, oiseaux de février»

  6. faure djeneline

    dit :

    Ce poème est merveilleux !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *