À la forêt de Gastine

Pierre de Ronsard

Couché sous tes ombrages vers
Gastine, je te chante
Autant que les Grecs par leurs vers
La forest d’Erymanthe.
Car malin, celer je ne puis
A la race future
De combien obligé je suis
A ta belle verdure :
Toy, qui sous l’abry de tes bois
Ravy d’esprit m’amuses,
Toy, qui fais qu’à toutes les fois
Me respondent les Muses :
Toy, par qui de ce meschant soin
Tout franc je me délivre.
Lors qu’en toy je me pers bien loin.
Parlant avec un livre.
Tes bocages soient tousjours pleins
D’amoureuses brigades,
De Satyres et de Sylvains,
La crainte des Naiades.
En toy habite désormais
Des Muses le college.
Et ton bois ne sente jamais
La flame sacrilège.

Pierre de Ronsard, Les Odes ( XVII)

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9 commentaires sur “À la forêt de Gastine”

  1. zakaria

    dit :

    Beau poème !

  2. ZoréB

    dit :

    « Ton bois ne sente jamais la flame sacrilège  » vraiment ça se finit parfaitement!

  3. Jean-Mich

    dit :

    Quel magnifique fleau! Attention aux oxymores les amis!

  4. Lea

    dit :

    « Toy » est de l’ancien français, cela signifie « Toi ».

  5. jeanbedyson

    dit :

    Magnifique ce poème

  6. mister french

    dit :

    Toy, abry et forest veut dire. toi, abri et forêt

  7. ikaru

    dit :

    Que signifie « toy » ? J’aime se poème et j’aimerais au moins comprendre le sens de ce mot.

  8. duval

    dit :

    Hélas, de cette forêt, que reste-t-il ? Déjà, en son temps, Pierre de Ronsard s’est élevé contre les défrichements intempestifs de cette forêt décidés par un certain Duc, pour son prestige personnel.
    Au moins, grâce à ce poème, libre à notre imaginaire de la reconstituer pour s’y promener…

  9. LaBlanche

    dit :

    Plutôt bô

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