A une passante

Charles Baudelaire

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

Charles Baudelaire

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25 commentaires sur “A une passante”

  1. Wyczisk

    dit :

    Si bien vu, si bien rendu

  2. Assiye Heydari

    dit :

    A mon avis, dans ce poème de Baudelaire la rue le premier élément géographique représente la conception d’un logement pour le poète : une maison où la vie quotidienne s’écoule dans un champ référentiel. Et cette passante ne me semble que sa mère si loin de poète…

  3. Arthur

    dit :

    Rien a dire. Il est parfait

  4. Birgitte Henriksen

    dit :

    J’aime bien ce magnifique poême et aussi le joli poême de Marguerite en réponse à ce de Charles Baudelaire ! ❤️

  5. Aurélien Marcadet

    dit :

    Ce poème est extrait des « Fleurs du mal ».

  6. Traore Souleymane

    dit :

    Charles Pierre Baudelaire connaissait cette femme qui passait auparavant? Puisqu’il a pu faire le portrait moral de la femme. Avant de faire le portrait de quelqu’un il faut connaître cette personne d’abord.

  7. ll

    dit :

    De quel recueil vient ce poème ?

  8. mounira

    dit :

    Trés joli poeme… J’adore

  9. leprof

    dit :

    Charles Baudelaire, une plume hermétique mais inégalable en terme de Poésie ! Pour moi, Baudelaire, lui-même, est une fleur du mal !

  10. Evan katakala

    dit :

    Ma parole; Baudelaire avait une plume surnaturelle!

  11. Djunice

    dit :

    Sublimissime! Magnifique!

  12. abdoulaye

    dit :

    Il fait parti des meilleurs poètes.

  13. ania

    dit :

    j’adore ce poeme moi aussi

  14. Juju

    dit :

    C’est simplement magnifique… et triste… Je ne me lasse pas de le lire et relire!

  15. Liloup64

    dit :

    Je trouve ce texte magnifique, de part la notion de fugacité de la femme. Très joli poème !

  16. Laura

    dit :

    Profondément passionnant dans ses vers ! Ce poème ne laisse pas de marbre.

  17. florianne

    dit :

    C’est magnifique !

  18. fabrice

    dit :

    quelle tristesse

  19. Amélie

    dit :

    Un de mes poèmes de Baudelaire préférés, qui me fait toujours songer à « Mon rêve familier » de Verlaine d’ailleurs…

  20. Anonimus

    dit :

    Belle poésie

  21. Sarah

    dit :

    Un sonnet qui exprime bien un moment marquant sur le moment, mais que l’on sait qu’il sera fugace, après…C’est là tout son talent.

  22. Marguerite

    dit :

    le silence était assourdissant,
    Je marchais l’âme dans mes pensées,
    Noir était le ciel dans mon coeur vibrant,
    l’odeur de la mort me poursuivait..

    Il pleuvait et,ma jupe trainait froissée,
    Des flaques comme des claques me mouillaient la peau,
    En relevant ma jupe ,il était là,il me regardait.
    L’inconnu debout contre l’arbre avec son chapeau.

  23. Flavya

    dit :

    Quel grand homme .. quel talent ! Un de mes préférés ce poème-là, Baudelaire c’est juste LA référence en matière de poésie, je l’admire. <3

  24. breil

    dit :

    quel « flash » !

  25. Ahmed HILALY

    dit :

    Baudelaire l’incontestable; merci pour ses efforts admin.

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