Au bord du quai

Emile Verhaeren

Et qu’importe d’où sont venus ceux qui s’en vont,
S’ils entendent toujours un cri profond
Au carrefour des doutes !
Mon corps est lourd, mon corps est las,
Je veux rester, je ne peux pas ;
L’âpre univers est un tissu de routes
Tramé de vent et de lumière ;
Mieux vaut partir, sans aboutir,
Que de s’asseoir, même vainqueur, le soir,
Devant son oeuvre coutumière,
Avec, en son coeur morne, une vie
Qui cesse de bondir au-delà de la vie.

Emile Verhaeren, Les visages de la vie

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6 commentaires sur “Au bord du quai”

  1. Truillet madeleine

    dit :

    L’heureux temps où être belge n’était pas affaire de politique et où le talent n’avait pas de frontière linguistique mes hommages monsieur vous êtes un grand poète

  2. Guisset Liliane

    dit :

    « Je veux rester… je ne peux pas… Mieux vaut partir… sans aboutir ». Que c’est beau ! Que c’est vrai !

  3. Philippe KALT

    dit :

    Homme libre, toujours tu chériras la mer ! et Brel, son compatriote, qui a chanté « La Quête » et « Vivre debout » : Verhaeren à se réciter au lever et en examen de minuit. Merci, le poète.

  4. tmtc

    dit :

    Trop cool quoi !

  5. annick tirache

    dit :

    j’adore ce poète

  6. ramata diop

    dit :

    C’est vraiment touchant et fantastique

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