Crépuscule

Guillaume Apollinaire

À Mademoiselle Marie Laurencin.

Frôlée par les ombres des morts
Sur l’herbe où le jour s’exténue
L’arlequine s’est mise nue
Et dans l’étang mire son corps

Un charlatan crépusculaire
Vante les tours que l’on va faire
Le ciel sans teinte est constellé
D’astres pâles comme du lait

Sur les tréteaux l’arlequin blême
Salue d’abord les spectateurs
Des sorciers venus de Bohême
Quelques fées et les enchanteurs

Ayant décroché une étoile
Il la manie à bras tendu
Tandis que des pieds un pendu
Sonne en mesure les cymbales

L’aveugle berce un bel enfant
La biche passe avec ses faons
Le nain regarde d’un air triste
Grandir l’arlequin trismégiste

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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6 commentaires sur “Crépuscule”

  1. BOUCHAANANA

    dit :

    Je voudrais savoir en quoi peut-on considérer Apollinaire comme une poète fantaisiste et moderne?

  2. arold

    dit :

    je voudrais les champs lexicaux dans « Crepuscule ». Merci

  3. César

    dit :

    Oui ce poème peut être analysé en surface par des CM2 comme préparation à la 6ème.

  4. Maîtresse Céline

    dit :

    Est ce que ce poème est fait pour les cm2 ?

  5. Juin

    dit :

    J’ai du mal à analyser ce poème. Une aide serait elle possible ?

  6. Himbert A.

    dit :

    Tous les grands poètes écrivent leur plus belles oeuvres lors des moments difficiles… Celui-ci est l’un des plus beau d’Apollinaire…

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