Le vin de l’Amour

Théodore de Banville

Accablé de soif, l’Amour
Se plaignait, pâle de rage,
A tous les bois d’alentour.
Alors il vit, sous l’ombrage,
Des enfants à l’oeil d’azur
Lui présenter un lait pur
Et les noirs raisins des treilles.
Mais il leur dit : Laissez-moi,
Vous qui jouez sans effroi,
Enfants aux lèvres vermeilles !
Petits enfants ingénus
Qui folâtrez demi-nus,
Ne touchez pas à mes armes.
Le lait pur et le doux vin
Pour moi ruissellent en vain :
Je bois du sang et des larmes.

Théodore de Banville, Le sang de la coupe

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Un commentaire sur “Le vin de l’Amour”

  1. Boubiu

    dit :

    Très beau poème même s’il est beaucoup trop court pour ma rédaction.

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