Le vent nocturne

Guillaume Apollinaire

Oh ! les cimes des pins grincent en se heurtant
Et l’on entend aussi se lamenter l’autan
Et du fleuve prochain à grand’voix triomphales
Les elfes rire au vent ou corner aux rafales
Attys Attys Attys charmant et débraillé
C’est ton nom qu’en la nuit les elfes ont raillé
Parce qu’un de tes pins s’abat au vent gothique
La forêt fuit au loin comme une armée antique
Dont les lances ô pins s’agitent au tournant
Les villages éteints méditent maintenant
Comme les vierges les vieillards et les poètes
Et ne s’éveilleront au pas de nul venant
Ni quand sur leurs pigeons fondront les gypaètes

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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4 commentaires sur “Le vent nocturne”

  1. plouf

    dit :

    Help! Quelqu’un peut m’aider à analyser ce poème svp ? Ca me sauverait la vie (quel est le sens du texte, que représente le vent ?)

  2. Galeterne

    dit :

    Je trouve ce poème puissant et évocateur. On entend les troncs et les branches grincer ou ployer sous les lamentations lugubres d’un vent tempêtueux. On voit les villages recroquevillés sous cette démonstration de nature irrésistible, patients peut-être, effrayés sùrement par cet assaut du sauvage annoncé par un dernier vers d’une cruauté impitoyable. Le naufrage du Titanic est passé par là : la nature a repris ses droits face à la culture. Attys, maître malheureux des renaissances annuelles, est encore fragile, moqué, abattu. Par contre, je n’aime guère le vers des vierges, des vieillards et des poètes, à l’hémistiche un peu bancale. J’aurais préféré un genre plus ynamique comme « Comme les vierges nues, les vieillards, les poètes »

  3. mimi

    dit :

    Cool

  4. Jean-Paul Blanc

    dit :

    il ne se déclare pas poète, et pourtant !

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