L’Idole, Sonnet du Trou du Cul

Arthur Rimbaud

Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la fuite douce
Des Fesses blanches jusqu’au coeur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse
Pour s’aller perdre où la pente les appelait.

Mon Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C’est l’olive pâmée, et la flûte caline,
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !

Albert Mérat
P.V – A.R.

Arthur Rimbaud, Album Zutique

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18 commentaires sur “L’Idole, Sonnet du Trou du Cul”

  1. Un homo (sapiens sapiens ?)

    dit :

    Eh bien, si ce n’est pas joli… Érotique et poétique, que demander de plus. Vivent les homosexuels poètes et grandie soit leur décadence…

  2. Dandy Carduelis

    dit :

    Ce poème n’a pas été écrit par Mérat ; les deux quatrain ont été écrits par Verlaine – on le reconnait clairement – et les deux tercet par Rimbaud. Vous trouverez pour preuve un schéma dans le recueil érotique de Verlaine et dans son autobiographie.

  3. Cornean-Jançois

    dit :

    Je connais ce poème depuis presque quarante ans et le relis toujours avec admiration. Et crois qu’il a été composé à trois, dont Albert Mérat en particulier. L’on retrouve sa plume excellente dans ses autres écrits, et celui-ci leur ressemble énormément. Je n’écris pas aussi bien !

  4. anonyme

    dit :

    On peux dire que ce poème restera dans les anales.
    (j’étais obligé de faire cette blague).

  5. quelqun

    dit :

    je trouve que « la céleste praline » est magistrale !

  6. quelqun

    dit :

    Je m’adresse à Joris (le com’ tout en bas):
    S’il te correspond parfaitement, c’est que tu as donc pleinement compris toute l’étendue du poème ET du poète, c’est à dire que c’est un « hommage », si je puis dire, à la relation qu’il entretient avec Verlaine: c’est-à dire qu’il est homosexuel et je ne critique en rien ce « choix » -oui, parce que ce n’en est pas vraiment un…, puisque je suis homosexuel comme lui, oui je nage comme un phoque voyez-vous? BREF!!! Si tu adhères donc ce poème, cela signifie que tu es homosexuel et que tu pratiques la sodomie mon cher (et vous me direz « ooooh ») mais quand même, soyez poli! humhumhum!! : TG.
    bon appétit!

  7. Ah

    dit :

    « Un peu “too much” à mon goût » : il ne faut pas oublier que Rimbaud était également reconnu pour être « vulgaire ». Et si cela choque en 2015…

  8. Gogo

    dit :

    Un peu « too much » a mon goût…

  9. hermine

    dit :

    En fait si, c’est Rimbaud qui a trouvé le titre! Ce sonnet a été écrit par Rimbaud, 16 ans pour se moquer d’un auteur mondain du XIX eme siècle, grand romantique, écrivant des ides aux yeux, à la bouche de la femme… Voulant se moquer de ce poète, l’arrogant Arthur Rimbaud écrivit le « sonnet au trou du cul »!

  10. bitman

    dit :

    je trouve cela plutôt merdique

  11. Volcane

    dit :

    C’est très bien tourné. Ils devaient quand même être super amoureux pour écrire ça ; donc au fond c’est presque mignon. 🙂

  12. jensuisetalors

    dit :

    Il semble qu’au XXI cela dérange encore, mais si vous n’étiez point voyeur…Mais vous connaissez la suite, non ?

  13. kiki

    dit :

    Charmant ! 🙂

  14. Patrick skyrock

    dit :

    Vas-y vas-y j’adore ! Non sérieusement, il est pas tres charmant..

  15. LaVieEnRose

    dit :

    « Sonnet du trou du cul » Je suppose que ce n’est pas Rimbaud qui rajouta cette partie au titre! 🙂

  16. One Girl

    dit :

    j’adhere !

  17. Colin

    dit :

    J’aime le titre !!! 😀

  18. Joris

    dit :

    magnifique ce sonnet il me correspond parfaitement
    dedicasse a toute la 3C DP3 du college chartreux

    ABSOLUMENT OUI

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