Constantinopolis

Francis Etienne Sicard

Imaginez le soir en robe de satin
Et le ciel, sous un dais broché de perles pâles.
Découpez dans vos rêves des bruits de pétales,
Et colorez vos yeux d’un lourd parfum de marbre.

Attachez-y la soie d’un voile byzantin
Dont la Sainte, Sophie, aux langueurs médiévales,
Fond la cire de paix sur un miroir de dalles,
Et vous verrez l’Orient déguiser son destin.

Bosphore et Corne d’or, la mer de Marmara,
Etale son tapis de navires marchands
Sur le toit des palais, d’un pas fragile et lent.

Or, écoutez la voix des minarets béats,
Où se froisse le souffle d’un soleil couchant,
Sous l’enclume alanguie des fanions de sultans.

Francis Etienne Sicard, Odalisques, 1995

Imprimer ce poème

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *