Aux quatre vents

Jean-Pierre Villebramar

Quand tu viendras chez moi, ne préviens pas, ne sonne pas, n’appelle pas,
entre, ma porte reste toujours ouverte

Tu me trouveras écrivant, et je te montrerai mes poèmes,
ils parlent de la vie.

De ma vie.

De mers et de montagnes, de frères et de sœurs parlant les langues de la Terre,
et nous nous comprenons par un sourire.

Quand tu viendras chez moi, je te dirai tout le bonheur du monde et son malheur,
l’un ne va pas sans l’autre.

Il y aura des amours, des rires et des larmes, des désespoirs,
des poèmes écrits sous la lampe, et le soleil sera comme l’espoir:

absent!

Pourtant, j’écrirai encore et encore, n’inventant rien, racontant tout.

Sauf l’indicible!

Le soir de ta visite. Un soir d’hiver.
La neige couvrira la terre remuée…

Quand tu viendras chez moi, avant de repartir,
prends mes poèmes, disperse-les aux quatre vents.

Aux quatre vents!

Villebramar, 2026

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