Saisir l’instant

Esther Granek

Saisir l’instant tel une fleur
Qu’on insère entre deux feuillets
Et rien n’existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. S’y réfugier.
Et s’en repaître. En rêver.
À cette épave s’accrocher.
Le mettre à l’éternel présent.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. Construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste est complément.
S’en nourrir inlassablement.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s’imprégner.
Et de ses couleurs se gaver.
Ah ! combien riche alors j’étais !
Saisir l’instant.

Saisir l’instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je… ?

Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981

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5 commentaires sur “Saisir l’instant”

  1. Nicole

    dit :

    J’adore ce poème…
    Saisir l’instant…
    Au moment ou je le dis
    Déjà parti
    Insaisissable…

  2. mimi choco

    dit :

    Ca c’est quelque chose de vraie parce qu’il faut toujours saisir cet instant et non la laisser filer tel un bourgon de fleur qui tombe.

  3. Jackie

    dit :

    J’aime mais j’ai l’impression qu’il manque la chute. Dommage.

  4. Michèle

    dit :

    Magnifique… et tellement synonyme de « bonheur ». La conclusion seule ne me convient pas…

  5. alain

    dit :

    Le Temps peut encore nous appartenir, il ne tient qu’à toi de nous convaincre.

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