Lettre à des amis défunts

Jean-Pierre Villebramar

à Michelle, leur sœur…

J’aime la nuit, ses ombres tutélaires, le vol feutré de ses oiseaux…
J’aime mes souvenirs, leur manège sans fin oublie ce qui fit mal,
garde ce qui rassure

Dehors, le monde enfin a fait silence, et ses conflits reposent pour un temps.
J’aime ces nuits de trêves, j’aime mes rêves, ce sont les mêmes et ils remontent à l’enfance,
et au Mont Canigou, ce patriarche à cheveux blancs…

J’aime mes morts-vivants, à toi, Henri, à toi, André,
nous nous sommes battus et puis réconciliés,
où êtes-vous en ce moment?

Dans tes derniers instants, l’oxygène, pour un ultime adieu…

pour un temps seulement!

Dans la vallée veille la Tour gênoise où nichent les faucons
et les lézards se chauffent au soleil, des hirondelles…

Qui aujourd’hui a vu des hirondelles?

J’écris la nuit.

Je vous écris, mes morts-vivants,
quand vous étiez vivants.

Quand nous étions amis…

Villebramar, mai 2026

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