Folie

Alix Lerman Enriquez

Je prie comme une orante pour que reviennent les oiseaux.
Je crie de voir mon double dans le reflet trouble
d’une mare violette à l’eau tremblée après la pluie.
Je hurle, errante, à la main des fleurs fanées et des cailloux
le long d’une rivière bleue dont je ne sais plus le nom.

J’implore de ne pas me noyer dans l’eau grise,
là-même où j’ai jeté mon rire, un jour de solitude,
dans cette eau bleue ou vert-de-gris
lestée de mes cauchemars, de vieux rêves avortés

dans cette eau trouble où j’ai lancé
des pierres roses de couchant, des pierres blondes
où s’impriment mes remords, mon pieux silence
et le regret d’avoir quitté, pour toujours, sans doute
les rives bleuies de ma raison.

Alix Lerman Enriquez, 2026

Imprimer ce poème

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *