Je prie comme une orante pour que reviennent les oiseaux.
Je crie de voir mon double dans le reflet trouble
d’une mare violette à l’eau tremblée après la pluie.
Je hurle, errante, à la main des fleurs fanées et des cailloux
le long d’une rivière bleue dont je ne sais plus le nom.
J’implore de ne pas me noyer dans l’eau grise,
là-même où j’ai jeté mon rire, un jour de solitude,
dans cette eau bleue ou vert-de-gris
lestée de mes cauchemars, de vieux rêves avortés
dans cette eau trouble où j’ai lancé
des pierres roses de couchant, des pierres blondes
où s’impriment mes remords, mon pieux silence
et le regret d’avoir quitté, pour toujours, sans doute
les rives bleuies de ma raison.
Alix Lerman Enriquez, 2026