Ville aux gratte-ciels abjects, Chicago me voilà !
Tu as, en ton cœur, gardé l’âme de la pègre,
Et tu m’as élevée, malgré moi, au Nirvana.
Dans ce parc délabré, où je me désintègre.
De tes arbres, de tes eaux, je me nourris affamée,
Enfermée dans le béton et l’acier, à jamais prisonnière.
Pauvre de moi, au Fentanyl désormais attachée,
J’erre, en zombie, dans tes zones pavillonnaires.
À l’Amérique à qui je croyais tout possible,
J’ai tout donné, ma vie, et même l’impossible.
Mais, tu m’as trahie, et tu m’as abandonnée.
Et sur ce banc, morte, recouverte de neige,
Mon corps s’efface, enfin, lentement, par sortilège.
Chicago, à jamais, je t’aimerai, pour l’éternité.
Diane Galatée, Instants d’Humanité, 2025