Le Berger

Esther Granek

Qui me dit que tu n’es
loup qui se fait berger
et se veut d’icelui
l’allure et le portrait ?

Qui me dira le temps
que tu passes à l’étang,
te mirant, composant
trait pour trait ton reflet ?

Qui me dit que ta voix
parlant si bien au coeur
n’est point fruit de labeur
et oeuvre de ton choix ?

Qui me dit que ton ciel
n’est point là pour dicter
le seul ton sur lequel
ton troupeau doit bêler ?

Qui me dit que ton verbe,
envoûtement de mots,
n’offrira point sur l’herbe
tes moutons aux corbeaux ?…

Qui me dit que tu n’es
loup qui se fait berger
et se veut d’icelui
l’allure et le portrait ?

Esther Granek, De la pensée aux mots, 1997

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2 commentaires sur “Le Berger”

  1. Arnaud

    dit :

    Un poème inspiré des formes médiévales et pourtant contemporain. C’est beau !

  2. Rouge Le Renard

    dit :

    Poème à lire par tous les « suiveurs » d’avant-gardes…

    L’histoire est truffée d’exemples en ce sens.

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