L’égalité des sexes

Paul Eluard

Tes yeux sont revenus d’un pays arbitraire
Où nul n’a jamais su ce que c’est qu’un regard
Ni connu la beauté des yeux, beauté des pierres,
Celle des gouttes d’eau, des perles en placards,
Des pierres nues et sans squelette, ô ma statue,
Le soleil aveuglant te tient lieu de miroir
Et s’il semble obéir aux puissances du soir
C’est que ta tête est close, ô statue abattue
Par mon amour et par mes ruses de sauvage.
Mon désir immobile est ton dernier soutien
Et je t’emporte sans bataille, ô mon image,
Rompue à ma faiblesse et prise dans mes liens.

Paul Eluard, Capitale de la douleur, Mourir de na pas mourir, 1926

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5 commentaires sur “L’égalité des sexes”

  1. Xavier de Nobili

    dit :

    Le poète s’adresse à une femme qui vit dans un monde où elle ne peut pas voir la beauté de ce qui l’entoure. Elle reste figée sous un soleil aveuglant. Lorsqu’elle croit que la nuit arrive, c’est en réalité qu’elle se renferme sur elle-même, dans sa tristesse. À la fin, le poète se présente comme son dernier soutien, mais son amour semble aussi l’emprisonner et la faire souffrir. Le titre L’égalité des sexes pourrait donc être ironique, puisqu’il décrit une relation où l’homme semble dominer la femme tout en voulant lui apporter quelque chose de positif.

  2. HM

    dit :

    Bonjour E.Grindel. Je manque moi même de culture mais j’aimerais mieux comprendre ce texte si vous voulez bien partager votre savoir s’il vous plait.

  3. Esther

    dit :

    J’ai toujours aimé ce poème en particulier et j’ai reformulé cela à ma façon selon mon ressenti propre.

  4. E.GRINDEL

    dit :

    C’est un très beau poème même si seule les personnes dotées d’un minimum de culture pourrait le comprendre.

  5. shrekdu72

    dit :

    Très beau.

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