L’Idéal

Charles Baudelaire

Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
Produits avariés, nés d’un siècle vaurien,
Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,
Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien.

Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d’hôpital,
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.

Ce qu’il faut à ce cœur profond comme un abîme,
C’est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d’Eschyle éclos au climat des autans ;

Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes appas façonnés aux bouches des Titans !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

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3 commentaires sur “L’Idéal”

  1. Mamadou

    dit :

    Intéressant pour moi

  2. écureil mignon

    dit :

    Cher(e) Lo92, Baudelaire laisse transparaitre son idéal, de beauté, d’intelligence… qu’il a peur de ne jamais trouver. Vois-tu, je lisais un livre l’autre jour qui disait qu’à la naissance nous fûmes tous coupés en deux ; l’autre moitié de nous même est l’âme sœur, l’idéal de Baudelaire. J’espère que cette explication te sera suffisante, Lo92!

  3. Lo92

    dit :

    Quelqu’un pourrait-il m’aider a faire une analyse de ce poème ?? 🙁

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