Triste guerre

Jérôme Matin

Mon corps arraché à ta douce étreinte
Instants innocents volés, empreintes
D’un amour naissant gravé dans la pierre
Au rouge crépuscule de cette triste guerre

Triste guerre
Qui me privera de la chaleur de ton cou
Un parfum délicieux exaltera ma mémoire
La caresse de tes cheveux sur ma joue
Une lueur dans tes yeux éveillera mon espoir

Triste guerre
Un cri perdu en un gouffre sans fond
Virgule dans un livre comme éphémère est la vie
Et ces corps qui sous terre parleront du passé
Aux fleurs qui danseront aux abords des cratères

Ici reposeront sous les champs des oubliés
Princes déchus par les feux guerriers
Lettres souillées par les fanges de l’histoire
Qui jamais n’apaiseront les aimés du désespoir

Triste guerre
Ton amour comme une fleur dans l’agonie de l’hiver
Aimer par le fracas, tambours des nuits d’éclairs
Aimer par la peur d’un lendemain pétrifié
Aimer par la douleur d’un destin atrophié

Triste guerre
De ce camp de prisonniers
Abîme de solitude auquel je dois mon salut
Je rêve à ce jour où je m’en irai renaître
Conjuguer au présent les promesses de mes lettres

Sans trop attendre des chimères et des faveurs du ciel
Nous marcherons béats vers un ailleurs aquarelle
Où amour n’est roi que si reine est bienveillance
Où la mémoire d’un soldat ne s’honore qu’en silence

Jérôme Matin, 2020

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