Quand j’habitais Florence

Sabine Sicaud

Quand j’habitais Florence avec tous mes parents,
Ma mère, ma grand-mère et l’arrière grand-mère
Aux longs cheveux d’argent,
J’aimais tant les iris de nos jardins toscans
Et le parfum de leur terre légère…

Ah ! le printemps, depuis, n’est plus un vrai printemps !

Il n’a plus la couleur des vitraux, vos couleurs,
Sainte-Marie-des-Fleurs,
Et celles de l’Arno
Sous les ponts recourbés où passait Béatrice.

Le soleil qui baignait les salles des Offices
N’a plus cet or subtil des matins déjà chauds
Le long des murs anciens et des champs de repos.
Les rossignols, depuis, ont tous une voix triste
Et l’aube qui persiste
À l’ombre des cyprès, je ne la connais plus.

Nos jardins d’autrefois, nous les avons perdus.

Sabine Sicaud, Les poèmes de Sabine Sicaud, 1958 (Recueil posthume)

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