Combattre

Jérôme Matin

Ô mes ancêtres
Ô combien je le sais
Noyé d’abîme je ne puis trouver la paix
La paix est une guerre qui reprend son souffle
Nuage de fumée, exhalaison de soufre

Acculés aux murs criblés et fumeux
S’éteignent vaillance, sacré et vertueux
Des cendres enduisent quelques lambeaux de gloire
Que les rires enfantins coloraient d’espoir

Ces oiseaux muets, ces sources taries
Ces larmes de sang qui feignirent la pluie…

Coeur, souffle, tactique et instinct
Une fureur nue submerge mon chagrin
L’art du combat, poésie frénétique
Âme en offrande aux dieux antiques
Diamant révélé par la roche fracturée
Cerneaux de noix par la coque brisée

Combattre
S’aligner aux rangs des initiés
Combattre
D’échapper à un destin léger
Combattre
D’assouvir le temps carnassier
Combattre
D’oser le firmament nourricier
Combattre
D’éroder au temple de nos peurs
Combattre
Car victoire sans péril nul honneur

L’art lutté est empreint de sagesse
Sacrilège de s’y livrer et méconnaître ceci

Valeureuses Agoji
Votre temps est révolu
Mais de récits guerriers vous demeurez éternelles
Au plus noir de la nuit
Sur le chemin du salut
Que vos sillons lumineux me soient à jamais fidèles

Jérôme Matin, 2020

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