Chanson de la plus haute tour

Arthur Rimbaud

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s’éprennent.

Je me suis dit : laisse,
Et qu’on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t’arrête,
Auguste retraite.

J’ai tant fait patience
Qu’à jamais j’oublie ;
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Ainsi la prairie
A l’oubli livrée,
Grandie, et fleurie
D’encens et d’ivraies
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.

Ah ! Mille veuvages
De la si pauvre âme
Qui n’a que l’image
De la Notre-Dame !
Est-ce que l’on prie
La Vierge Marie ?

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s’éprennent !

Arthur Rimbaud, Derniers vers

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4 commentaires sur “Chanson de la plus haute tour”

  1. aphyl

    dit :

    Lorsqu’il écrit ce poème, Rimbaud n’a que 18 ans. Il évoque ces amours ratées avec Verlaine… Le titre « chanson de la plus haute tour » évoque les cours d’amour des troubadours dans les châteaux du Moyen Age et aussi l’isolement de l’auteur loin de Verlaine.

  2. Druszcz Dawid

    dit :

    Je pense qu’il montre sa tristesse face a une vie où il n’a rien fait et que cela est maintenant trop tard .

  3. Nathanaël

    dit :

    Oisive jeunesse à tout asservie, par délicatesse j’ai perdu ma vie
    oui, tout est dit !
    ah, que le temps vienne où les coeurs s’éprennent.
    Oui

  4. Travailleur

    dit :

    Je ne comprends pas ce texte, il me serait fortement utile de me l’expliquer.

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