Soupir

Sully Prudhomme

Ne jamais la voir ni l’entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais, fidèle, toujours l’attendre,
Toujours l’aimer.

Ouvrir les bras et, las d’attendre,
Sur le néant les refermer,
Mais encor, toujours les lui tendre,
Toujours l’aimer.

Ah ! Ne pouvoir que les lui tendre,
Et dans les pleurs se consumer,
Mais ces pleurs toujours les répandre,
Toujours l’aimer.

Ne jamais la voir ni l’entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais d’un amour toujours plus tendre
Toujours l’aimer.

Sully Prudhomme, Les solitudes

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Un commentaire sur “Soupir”

  1. molpido

    dit :

    Je suis élève de 4è et je comprends tout à fait ce poème, je ressens la même chose pour une personne que j’aime, mais je ne baisse pas les bras.

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