Se faner…

Nashmia Noormohamed

C’est un monde si linéaire et fébrile, qui prend la direction de l’exil, les belles rides creusant de profonds sillons et abîmant ces visages, reflets de ces vies difficiles.

C’est un monde effrayant et terrifiant, un précipice, un abîme, sans aucune issue de secours, la finalité de la vie se révélant lentement, telle une irrévocable sentence.

C’est un monde plein d’espoir, d’ardent désir, oublieux de la marche silencieuse et opiniâtre du temps, ce destin inévitable, si mystérieux, et déjà éventé par mille présages.

C’est un monde serein et empreint de tant de frivolités, de cette douce insouciance à l’indépendance, du bonheur, si fragile, à l’attente, si stérile, de l’âge mûr en latence.

C’est un monde qui change avec une pierre pour bâtir chaque édifice, qui en un brusque soubresaut, redevient poussière, un cadeau que l’on sait éphémère, que l’on voudrait éternel, qui à jamais, ne restera qu’un frêle passage, laissant tout au plus, une imperceptible empreinte…

Nashmia Noormohamed, 2017

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