L’amour fou

Villebramar

« j’entends pleurer les coqs de la nuit »
d’après Gabriel Okoundji

j’entends pleurer les coqs de la nuit
ils disent les espoirs et les parjures ;
j’écoute avec suspicion leurs phrases simples.
L’eau serait l’eau, la rivière, rivière, et les étoiles, étoiles ;
mais l’étoile est soleil

l’amour, fou

je cherche à déchiffrer un regard derrière des paupières closes
l’amour sera-t-il amour ? ou sommeil ?
de sa fourrure brune, j’attends tous les bonheurs du monde :
si l’amour était autre ?

reste à trouver cet autre

je vis avec tristesse le triomphe des mieux-disants ; applaudissez-les, camarades !
comme ils parlent bien, les habiles !
me voyant seul en route vers la route sans retour, je me retourne, et vois le monde
tel qu’on le décrit là-bas, chez les diseurs de hauts de foires : l’eau serait l’eau,
la rivière, rivière, l’étoile, étoile

l’amour, fou

j’entends pleurer les coqs de la nuit ; ils disent :
« ce sont les femmes qu’il a aimées, qui l’ont aimé, celles-ci des années,
celles-là un jour. Comme il fait noir !
»
(André Breton).

Comme il fait noir !

Villebramar, avril 2020

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