Comme une ville qui s’allume
Et que le vent achève d’embraser,
Tout mon cœur brûle et se consume,
J’ai soif, oh ! j’ai soif d’un baiser.
Baiser de la bouche et des lèvres
Où notre amour vient se poser,
Plein de délices et de fièvres,
Ah ! j’ai soif, j’ai soif d’un baiser !
Baiser multiplié que l’homme
Ne pourra jamais épuiser,
Ô toi, que tout mon être nomme,
J’ai soif, oui, j’ai soif d’un baiser.
Fruit doux où la lèvre s’amuse,
Beau fruit qui rit de s’écraser,
Qu’il se donne ou qu’il se refuse,
Je veux vivre pour ce baiser.
Baiser d’amour qui règne et sonne
Au cœur battant à se briser,
Qu’il se refuse ou qu’il se donne,
Je veux mourir de ce baiser.
Germain Nouveau, Valentines, 1885
J’adore ce poème qui parle de baiser.
Poème effectivement puissant et tout à la fois si doux ! On parle si peu des poèmes de Germain Nouveau… C’est à se demander pourquoi… Mais ils peuvent vivre encore sur des lèvres qui les murmurent, des yeux qui les parcourent, des coeurs qui les savourent.
Magnifique poème ! Beaucoup d’émotions, léger mais puissant.