Couleurs

Federico Garcia Lorca

Au-dessus de Paris
la lune est violette.
Elle devient jaune
dans les villes mortes.
Il y a une lune verte
dans toutes les légendes.
Lune de toile d’araignée
et de verrière brisée,
et par-dessus les déserts
elle est profonde et sanglante.

Mais la lune blanche,
la seule vraie lune,
brille sur les calmes
cimetières de villages.

Federico Garcia Lorca, Chansons sous la lune

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9 commentaires sur “Couleurs”

  1. boulkerara abderrezak

    dit :

    C’est sublime ou le moment change de formes de configuration s’étend à l’éternel des couleurs qui se métamorphosent comme les signes de vie.

  2. Alexi

    dit :

    Magnifique! Cela vous change votre vie, le vieil homme meurt avec sa pensée toujours ancienne, et œuvre alors le véritable.

  3. Rytospar

    dit :

    Au dessus de Paris, dans l’agitation de la foule, la lune est violette, notre conscience est pleine d’energie comme la force du violet. Elle devient jaune dans les villes mortes, lorsque nous sommes plus isoles, notre citta baisse en energie et le jaune est moins appuye, moins fort que le violet. La lune verte des legendes est plus equilibree, le vert est au milieu de l’arc en ciel. Les legendes sont tous ces mythes que nous racontons sur nous memes. Ils sont fragiles comme des toiles d’araignee, comme notre ego. Et ils sont comme une verriere brisee, ils deforment notre perception du moment. Parce que nous nous sentons fragile, nous avons peur. Quelque chose est tombe sur notre ego. Et par dessus les deserts, lorsque nous nous sentons abandonnes de tous et de tous, nous sentons cette depletion d’energie, le rouge, la moins forte des vibrations lumineuses. Et sanglante parce que la souffrance nous atteint et nous sentons notre coeur saigner. Mais la vraie lune, la lune blanche qui contient toutes les autres lunes, meme quand celles ci ne le savent pas, c’est la lune du moment present, de cet eternel maintenant qui brille au dessus des calmes (samadhi) cimetieres (tout notre passe n’est que memoire morte, elle n’est pas vivante comme cet instant present pour lequel la sensation est vive, reelle) de village (lorsque nous trouvons notre equilibre ni dans la foule, ni dans le desert, mais que nous pouvons etre bien seul ou avec d’autres).

    Merci infiniment pour ce poeme.

  4. Arnaud

    dit :

    Où peut-on trouver ce magnifique poème ? Dans quel recueil ?

  5. Annick Tirache

    dit :

    J’avais vingt ans, je travaillais à Paris et j’habitais dans le 16e arrondissement dans une petite chambre à proximité des bonnes espagnoles que les riches familles aristocratiques de la capitale faisaient venir d’Espagne pour les servir. J’avais parlé avec elles de la guerre d’Espagne, du Franquisme et je lisais beaucoup de poèmes de Lorca dans le métro avant d’aller au bureau le matin. Ecouter et voir Manuel Vals, notre nouveau premier Ministre, m’a redonné l’envie de relire ces beaux poèmes et je ne connaissais pas « couleurs » qui se termine en parlant de cimetières de village, moi, qui vit en Picardie et ne manque jamais de m’y rendre.

  6. Amelie

    dit :

    Pourquoi ne peut’on pas lire ce beau poeme en espagnol? J’en aurais besoin pour un expose!

  7. julian

    dit :

    Si le poème est beau en espagnol, la langue d’origine de Lorca, plus renversant est traduit en français, ma langue natale.

  8. Jessie

    dit :

    So Good ! C’est Trop Bien ! Oh La J’aimerai Trop Faire Pareil Un Jour 😀

  9. Serena

    dit :

    Je trouve ce poème magnifique, très belle métaphore de la mort à travers la lune, je suis admiratrice.

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