Anne-Sophie Llobel, Sensation, 2025. Gravure édition limitée en vente dans notre Galerie d’Art
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.
Mars 1870
Arthur Rimbaud, Poésies

Super mais pas trop sur de la phrase « heureux comme avec une femme ». Il ne jouait pas dans cette équipe, super poème tout de même.
Dans ce poème bucolique de jeunesse (appartenant au corpus des « Cahiers de Douai » de 1870), Rimbaud semble anticiper sur ce que sera sa vie future à travers l’emploi de trois mots et d’un syntagme verbal clés : « Rêveur ; Amour ; Nature ; J’irai loin, bien loin », mettant ainsi en œuvre ce qu’il dira de la poésie dans sa seconde lettre dite « du voyant », en 1871 : « La Poésie ne rythmera plus l’action, elle sera en avant ». Le sait-il déjà, le pressent-il ou cela relève-t-il de son inconscient ?
Toujours est-il que Rimbaud, très tôt, a rêvé sa vie avant de la mener, qu’il a, non pas poétisé sa vie, mais vécu sa poésie… Car la révolte de l’adolescent est avant tout poétique, et c’est par la poésie qu’il va se libérer à la fois de Charlestown et de la Mother, sauvant ainsi sa vie !
Mais Rimbaud est aussi le fils de son temps, et ce poème présente tout d’abord une tournure très romantique (au sens littéraire du terme) dans laquelle on retrouve le rythme fait de parallélismes de « Demain dès l’aube » dans les « Contemplations » de V. Hugo. Comparer les tournures négatives : « Je ne parlerai pas, je ne penserai rien » et : « Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit ». Rien encore de l’invention poétique, par laquelle Rimbaud passera à la postérité, dans ce simple poème de deux strophes en alexandrins respectant la métrique traditionnelle, avec un seul rejet en fin de poème : « Par la Nature ».
Et cependant des différences apparaissent : ce poème au futur est tout tourné vers un avenir décidé, et non vers le passé ou la mort ; rien d’élégiaque ici, mais déjà un départ résolu, sans retour possible, dans « l’affection et le bruit neufs » ! L’ « amour infini » ici n’est pas celui suscité de l’extérieur par une « jeune fille en fleur », une âme sœur ou une princesse à sa haute fenêtre attendant son amant, mais c’est un Amour qui brûle le poète de l’intérieur, qui sourd du plus profond de son âme dans un sens presque augustinien et mystique : « Nondum amabam et amare amabam» (« Je n’aimais pas encore mais j’aimais à aimer »), et l’on sait tout l’appétit d’amour insatiable qui dévorait Rimbaud, un amour presque métaphysique, un « amour à réinventer » qu’il ne cessera de poursuivre tout au long de son œuvre : celui de l’humanité et des ouvriers qu’il aperçoit partant au travail au petit matin, sur lesquels il implorera les bonnes grâces de Vénus (« la Reine des bergers ») dans « Bonne pensée du matin », par exemple, ou évoqué avec force dans le dernier poème des « Illuminations », « Génie » : « l’amour mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et imprévue », et dont la présence éclairera ici ou là toute l’oeuvre…
Amour païen voué à Vénus d’abord (sur laquelle il crachera par dépit dans « Vénus Anadyomène »), puis à la déesse « Nature » citée dans le dernier vers, l’Alma Mater chantée dans « Soleil et chair » (autre poème des « Cahiers »), car «une femme » par laquelle s’achève le poème pourrait bien renvoyer à « la Nature » elle-même personnifiée au tout début du vers, avec sa majuscule : « Par la Nature, – heureux comme avec une femme ».
Ainsi ce poème d’enfance à la tournure très romantique, au thème apparemment léger et bucolique, magnifiant la révolte sensuelle d’un adolescent « foulant l’herbe menue », a toute la force d’un manifeste poétique qui dessine un programme de vie, car la vraie vie doit être poétique, et la poésie doit se vivre (comme les écoles de philosophie antiques étaient avant tout des écoles de vie et non seulement de réflexion).
« J’irai loin, bien loin » -si « loin » que le vers déborde sur le vers suivant dans l’unique rejet du poème : « Par la Nature »- doit ainsi se lire, par son insistance même, dans toute sa profondeur d’évocation : non seulement comme le projet de parcourir le monde de ce grand marcheur que fut Rimbaud, ce « passant considérable » comme le définira Mallarmé, mais aussi et surtout comme l’élan de celui qui va franchir les limites de la poésie, qui transgressera les limites de l’espace parce qu’il aura transgressé les règles de la parole poétique, ouvert la poésie à la modernité, inventé une autre poésie qui l’aura sans cesse, même longtemps après l’avoir abandonnée, porté vers l’avant…
Poème très moche
Ce poème est détestable. Force à ceux qui vont l’étudier.
Jean Claude, abandonne ta carrière de poète français et tente d’apprendre la langue des signes pour le bien être de nos yeux ..
Joli poème qui m’a permis de comprendre mieux le sens de la vie en faisant un devoir un peu court mais magique. J’ai adoré.
Très beau poème.
Très bien !
Très beau poème.
On peut savourer ces mots en se les récitant un soir de juin, en parcourant un chemin de campagne, seul au mileu des champs.
Joli poème !
Poème très court mais joli.
Je trouve ce poème magique, énorme.
Ce poème est super connu, mais pas autant que Mia Khalifa
QUINZE ANS !
Il avait 15 ans quand il a écrit ça … 0_o
j’aimerai savoir qui est Jean Claude, un personnage mythologique? – ou juste un neuille ? pour éteindre le débat je pense que ce poème, peut être adapté en musique, à condition que l’âme de celui-ci soit respecté. Force a JC !
En vrai pourquoi tout le monde arrache Jean-Claude comme ça? Miskine lui hein! Sinon super poème court et joli thème abordé.
JC soigne ta calvitie avant de saccager l’œuvre de poète français .
J’adore ce poème qui est la fois libérateur et sensationnelle où on ressent la volonté de Rimbaud de fuir de l’emprise maternelle. Vive la jeunesse et à leur rébellion.
Me enamoré de la lengua y la literatura francesas con este poema. Aún sigo enamorado.
Elle est longue mais bien.
… Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien, Par la Nature, – heureux comme avec une femme.
« bohémien » in italiano, in questa poesia, viene tradotto con « zingaro » . Ma bohémien è un bohémien. Lo zingaro è un « gitan », semmai. Cioè, bohémien resta bohémien, per me.
Arrache toi Jean-Claude !
Je sens mon parfum préféré entre les lignes de ce poème. Respects éternels.
Force à #jean Claude qui se fait critiquer dans les coms mais bon… sinon super poème
@Jean-Claude plus jamais mon reuf
Charlebois en fait une belle mélodie.
@Jean-Claude Lâche ça mon gars.
AR nous fait partager des Sensations fugaces que nous presque tous éprouvés… mais combien d’entre-nous en ont pris conscience avant ce poème ? La sensibilité extrême de Rimbaud lui permet de la repérer, son immense culture lui permet de la mettre sur le papier avec une délicatesse désarmante (lui qui pouvait être si pédant, si egocentré voire même cruel avec Verlaine ou certains membres de sa famille) La magie de cet écrit c’est que les mots se muent en sensations plus vraies que les réels. Tout ce que touche ce génie adolescent et tourmenté inspire, encore aujourd’hui, les plus grandes personnalités des « grands arts culturels » comme ceux de la pop culture.
Respects éternels
On put avoir ses doutes sur la personne de Rimbaud, comprenait-il même ce que c’était que l’amour – surtout d’une femme? Mais un poète de génie. Il ne faut pas beau pour exprimer la beauté.
Splendide, je suis émue !
« Mais l’amour infini me montera dans l’âme » il me semble qu’il ne s’agit pas de l’amour humain mais de l’amour absolu, forme de la grâce. C’est la raison de l’évocation de la Nature, c’est à dire de la création
Trop bien
Enfin un court, je viens de faire « le forgeron » de Rimbaud, avec la masse de questions d’analyse, ça m’a pris 15 plombes
Toujours ce qui est beau reste, court et simple comme un verre d eau il nous rafraîchît.
Comment le cœur sonne ainsi et le soleil et la lune illuminent le jour et la nuit le cœur d’une femme est précieux et les cœurs sont infinis même la neige rouge l’amour d’une personne a autant de veines que toute souffrance.
@Jean-Claude
T’as saccagé l’oeuvre.
Magnifique poème. Je le susurre à l’oreille de ma femme pour qu’elle s’endorme.
Je l’ai appris en cour de français et j’ai eu une super note. Ce poème est parfait.
J’aime car c’est court.
J’adore ce poème il m’a fait pleurer
« Mais l’amour infini me montera dans l’âme »
Difficile de trouver plus beau et plus vrai. Qui n’a pas ressenti cette sensation ? Tous les amoureux du monde.
Bravo Arthur Rimbaud, la France peut être fière d’avoir dans son sein, des génies comme toi…
Super
J’aime bien ce poème parce qu’il parle de bonheur, de plaisir et de compassion
Ce poème est tellement beau que je l’ai appris par cœur et je me le récite chaque jour pour ne pas l’oublier ! Que dire de plus… Rimbaud était véritablement un génie et un mythe qui a eu une beaucoup d’ascendance sur le monde d’aujourd’hui… Bravo Arthur…
Magnifique poème, je trouve qu’il a mis en évidence un amour inconditionnel qu’il éprouve pour sa bien-aimée. Au point de se comparer à une fille insouciante, toujours rêveuse.
Ce poème exprime un bonheur simple et accessible. La beauté est tout près de nous. Il s’agit de s’arrêter et de la voir là où elle se trouve. Robert Charlebois, brillant patriarche de la chanson québécoise, a su le faire entendre avec toute l’ambiance éthérée que ce poème mérite. Il l’a mise en chanson. Il faut l’écouter!…
https://youtu.be/fjzlT_x0LaY
Ce poème est pour moi le plus beau de Rimbaud, sans doute parce que c’est celui qui me parle le mieux. On se sent tellement libre et bien en le lisant…
Magnifique, ce poème m’a fait lâché une petite larme Il me rappelle mon enfance, le bon vieux temps. Quand les jeunes étaient encore respectueux !
Je l’ai appris en primaire
Incroyable, je précise que c’est un poème que ma prof de français m’a dit d’apprendre
Il a 16 ans. Magnifique analyse personnelle du poème dans le film « je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » d’après Gavalda,
Daniel Belanger en a fait une superbe version chantée, a écouter!
https://www.youtube.com/watch?v=QRyudchf0rs
Personnellement, ce que je retiens de ce poème, c’est qu’avec une idée simple et des mots simples on peut écrire de la grande poésie.
Trop cool. C’est trop bien !
Merci je ne l’aurai jamais retrouvé sans vous
Poème d’une grâce et d’une puissance entières. Ode à la liberté. Sublime morceau d’assentiment et de révolte corrélés.
Hors ses petits souliers, Rimbaud nous emmène sur un chemin idéal de plaines, de peines et de victoires. Sa folie pour guide. Et son génie pour combustible.
Ce poésie est (en plus) vraiment spécial par rapport au autres poème je te le jure donc j’espère que tu auras compris mon premier message même si j’ai oublier certain mot… Bonne chance pour tous tes autres poèmes!
Ce poème est tout bonnement magnifique
Ce poème est tout bonnement magnifique, il parle de la nature en la mettant en avant. Les rimes de son poème sont bien formé, c’est un poète exemplaire malgré sa folie de temps en temps.
Ce poète est tout bonnement épatant. Les mots sont travaillés et l’ergonomie des phrases nous permet d’explorer son gameplay en profondeur et avec sincérité. Merci Rimbaud, pour ce poème indé.
Un poéme digne de se nom que la langue française est belle merci Arthur le plus beau poème qui raisonne en moi est cette oeuvre d’art.
Ce poème est pour moi l’un des plus beaux textes qui ont été écrit dans le monde. Il représente beaucoup de choses en quelques lignes et ces choses ne sont pas forcément des choses réelles ou qui sont difficiles à réaliser. Et pourtant, Arthur Rimbaud nous fait vivre ces choses en images et en rêve. Bravo au poète qui a un don de nous faire vivre des choses inhumains.
Un des plus beaux poèmes jamais réalisé
Pourquoi y a-t-il un – après la virgule de Nature ?
Wow, très bon poème !
Bien intrigant ce passage de sa vie passé avec la chance qu’il nous raconte son vécue pour nous avertir du danger que l’on peut rencontrer en voulant fouger de sa famille et aussi de la liberté que l’on peut rencontrer lors de différents voyage comme Rimbaud a pu nous le décrire.
Robert Charlebois a mis ce poeme en chanson. Exaltant !
J’ai ce poème à apprendre en musique façon chanson et je trouve ça vraiment beau :’)
Cool
Les deux premiers vers suffisent pour aimer la poésie… « comme une femme »
Mon poème préféré de Rmbaud. Une ode à la nature et à la liberté. Intemporel, tout dire en si peu de mots. La grande classe. Merci Arthur.
Ce site est pratique pour trouver ou référencer les poèmes, surtout qu’il y en a des centaines !
N’y touchons surtout pas…
Le plus Beau poeme qui resonne dans mon cerveau quand bon lui semble.
Une petite merveille. Que la langue française est belle!
Je viens de redécouvrir ce poème, par une nuit d’insomnie, en relisant Corto Maltese (plus précisément En Sibérie). Quelle beauté… la simplicité de ces mots et leur harmonie se passe de mot. Pour une âme en peine, c’est d’un grand réconfort.
Merveilleux, mais ce mot dit encore si peu de l’ebouissement de tout notre être à lire, ressentir ces mots qui sotillent, légers comme le souffle de la vie, gonflés de sensualité.
J’ai un travail la dessus je suis en 3 ème il y a quelque question où je bloque :
– Quelle figure incarne la liberté ? Quels autres éléments évoquent cette liberté ?
– Quel sentiment s’empare du coeur du poète lors de cette promenade ?
Super