Ouy, mais ainsi qu’on voit en la guerre civile

Théodore Agrippa d'Aubigné

VIII

Ouy, mais ainsi qu’on voit en la guerre civile
Les débats les plus grands du faible et du vainqueur
De leur doubteux combat laisser tout le malheur
Au corps mort du pais, aux cendres d’une ville.

Je fuis le champ sanglant où la fureur hostile
Vomit le meurtre rouge, et la scytique horreur
Qui saccage le sang, richesse de mon cœur,
Et en se débattant font leur terre stérile.

Amour, Fortune, helas ! appaisez tant de traicts,
Et touchez dans la main d’une amiable paix :
Je fuis celuy pour qui vous faictes tant la guerre.

Assiste, Amour, tousjours à mon cruel tourment !
Fortune, appaise toy d’un heureux changement,
Ou vous n’aurez bientost ny dispute, ny terre.

Théodore Agrippa d’Aubigné, Hécatombe à Diane, 1874

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