Mains sur un front

Renée Vivien

C’est l’imposition fraîche et lente des mains
Sur mon front que remplit l’horreur des lendemains,
Ô bénédiction suave de Ses mains !

Les douces mains de femme ont des gestes de prêtre
Et répandent en vous la paix et le bien-être,
La consolation que vient donner le prêtre !

Elles n’apprennent point le geste qui guérit,
Elles l’ont toujours su… Dans l’horreur de la nuit
Cette imposition très calme nous guérit…

Apaise mon grand mal, de tes mains secourables,
Tandis que l’heure glisse aux sabliers des sables,
Car le bienfait me vient de tes mains secourables !

Donne-moi ta fraîcheur et donne-moi ta paix !
Et calme le démon qui sur moi se repaît,
En signant sur mon front le geste de la paix !

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

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