À l’ennemie aimée

Renée Vivien

Tes mains ont saccagé mes trésors les plus rares,
Et mon cœur est captif entre tes mains barbares.

Tu secouas au vent du nord tes longs cheveux
Et j’ai dit aussitôt : Je veux ce que tu veux.

Mais je te hais pourtant d’être ainsi ton domaine,
Ta serve… Mais je sens que ma révolte est vaine.

Je te hais cependant d’avoir subi tes lois,
D’avoir senti mon cœur près de ton cœur sournois…

Et parfois je regrette, en cette splendeur rare
Qu’est pour moi ton amour, la liberté barbare…

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

Imprimer ce poème

2 commentaires sur “À l’ennemie aimée”

  1. Dany

    dit :

    Très profond. Un amour plein d’amertume. Le reflet de l’amour que l’on refoule et qu’on embrasse en même temps. J’adore

  2. roro

    dit :

    J’aime…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *