Nevermore

Paul Verlaine

Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :
« Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.

– Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !
Et qu’il bruit avec un murmure charmant
Le premier « oui » qui sort de lèvres bien-aimées !

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

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8 commentaires sur “Nevermore”

  1. Anonyme

    dit :

    Je suis en ce moment même dans mon ancien lycée. Je marche dans la cour avec une nostalgie languissante. C’est dans ce lycée que j’ai passé trois des plus belles années de ma vie, que j’ai connu mon premier et pour le moment seul amour. C’est donc tout naturellement que ces magnifiques vers de Verlaine me reviennent à la mémoire.

  2. Cychvibob

    dit :

    Je suis obligé de l’apprendre. En plus c’est grave chelou.

  3. Cléophée Lopes

    dit :

    Ah Nn mais c’est la fête (hein Manon)

  4. K. Prash

    dit :

    « …Son nom ? Je me souviens qu’il est DOUX ET SONORE,
    Comme ceux des aimés que la Vie exila…. »
    (Mon rêve familier)

  5. Martz Didier

    dit :

    Rebondir sur « The Raven » (« Le corbeau ») d’Edgar Allan Poe.

  6. BOUL

    dit :

    Peut-on imaginer davantage de délicatesse ?

  7. Molb

    dit :

    Nevermore, rien que le titre est genial !

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