Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.
Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :
« Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,
Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.
– Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !
Et qu’il bruit avec un murmure charmant
Le premier « oui » qui sort de lèvres bien-aimées !
Paul Verlaine, Poèmes saturniens
Je suis en ce moment même dans mon ancien lycée. Je marche dans la cour avec une nostalgie languissante. C’est dans ce lycée que j’ai passé trois des plus belles années de ma vie, que j’ai connu mon premier et pour le moment seul amour. C’est donc tout naturellement que ces magnifiques vers de Verlaine me reviennent à la mémoire.
Je suis obligé de l’apprendre. En plus c’est grave chelou.
J’ai mis ce poème en musique sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=uFaDk5jAh5k
Ah Nn mais c’est la fête (hein Manon)
« …Son nom ? Je me souviens qu’il est DOUX ET SONORE,
Comme ceux des aimés que la Vie exila…. »
(Mon rêve familier)
Rebondir sur « The Raven » (« Le corbeau ») d’Edgar Allan Poe.
Peut-on imaginer davantage de délicatesse ?
Nevermore, rien que le titre est genial !